Laurette Onkelinx à la Commission Juncker: non à la marchandisation de la santé

Laurette Onkelinx à la Commission Juncker: non à la marchandisation de la santé
Laurette Onkelinx à la Commission Juncker: non à la marchandisation de la santé - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La ministre belge de la Santé publique, Laurette Onkelinx, a dénoncé mercredi la décision de la Commission européenne de transférer les produits de santé et l'Agence européenne du médicament (EMA) de la Direction générale Santé à la DG Entreprises.

"Les patients ne sont pas des clients! Les médecins ne sont pas des entreprises! Le scandale des implants mammaires devrait rappeler à la Commission européenne qu'un produit de santé, lorsqu'il est considéré comme une marchandise, met gravement en danger la Santé publique. Il est temps de mettre le holà à la marchandisation des soins de santé", a-t-elle réagi dans un communiqué.

Pour Mme Onkelinx, cette décision "incompréhensible et terriblement décevante (...) constitue une marche-arrière par rapport à la décision prise en 2009 par (le président sortant de la Commission) José Manuel Barroso de rattacher la politique des produits de santé et l'EMA à la direction générale Santé et Consommateurs".

"Au sein du Département Entreprises, les intérêts industriels et économiques à court terme prévaudront. Les législations en la matière seront examinées prioritairement sous un angle commercial, les avis scientifiques seront tranchés en fonction des intérêts industriels avant tout, estime-t-elle.

"La Commission prend une décision dangereuse pour la Santé des Européens. Quand les médicaments et les produits de santé sont considérés comme des marchandises, le risque qu'un drame sanitaire survienne est évident", conclut Mme Onkelinx.

Le président-désigné de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, procède actuellement à un profond remaniement de l'exécutif communautaire.

Dans ce cadre, l'unité en charge des technologies de santé et des produits médicinaux et cosmétiques a été transférée à une nouvelle Direction générale (marché intérieur, industrie, entrepreunariat et PME). Ceci "afin de refléter son centre de gravité en relation avec la législation applicable, qui est basée sur les dispositions relatives au marché intérieur des biens", a indiqué à Belga une porte-parole de M. Juncker.

"Ceci était déjà le cas dans le passé, a-t-elle précisé. "Et comme par le passé, cette nouvelle DG et la DG Sanco (santé et consommateurs, ndlr) continueront de travailler ensemble pour garantir le niveau le plus élevé possible de protection de la santé".

 


Belga

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