Laos : un nouveau barrage sur le Mékong exploité par la Chine, malgré les critiques des organisations environnementales

Le barrage de Xayaburi : un barrage hydroélectrique sur le Mékong dans le nord du Laos.
Le barrage de Xayaburi : un barrage hydroélectrique sur le Mékong dans le nord du Laos. - © chuchart duangdaw - Getty Images

Le Laos va construire sur le Mékong un nouveau barrage qui sera exploité par la Chine, malgré les critiques des écologistes et des populations locales qui dénoncent l’impact néfaste sur l’environnement et la mainmise grandissante de Pékin sur le fleuve.

Le gouvernement laotien a envoyé les plans de construction de cette nouvelle centrale hydroélectrique à la Commission du Mékong (MRC), l’agence intergouvernementale de gestion du fleuve.

Le barrage de Sanakham, dont la construction, à 150 kilomètres au nord de la capitale Vientiane, devrait débuter cette année, produira 684 mégawatts d’électricité une fois opérationnel en 2028, d’après la MRC.

D’un coût évalué à 1,92 milliard d’euros, il va être exploité par le géant étatique chinois China Datang Corporation.

Des barrages pour produire de l’anergie mais qui impactent les écosystèmes

L’objectif est d’exporter de l’électricité en Thaïlande, mais ce "royaume a un excédent massif d’électricité et n’en a donc pas besoin pour assurer sa sécurité énergétique", déplore à l’AFP Pianporn Deetes, de l’ONG International Rivers.

Le Laos, un petit pays pauvre et enclavé, compte sur l’énergie hydroélectrique pour se développer. Il ambitionne de devenir "la batterie de l’Asie du Sud-Est" et d’exporter quelque 20.000 mégawatts d’électricité vers ses voisins d’ici à 2030.

Sanakham est le sixième d’une série de neuf barrages prévus sur la partie laotienne du Mékong, dont deux ont déjà été mis en service ces derniers mois au grand dam des organisations environnementales. Elles s’inquiètent de l’effondrement des stocks de poissons et du niveau du fleuve particulièrement bas par endroits, accusant la Chine d’altérer son débit naturel.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK