La Turquie, un voisin turbulent au cœur du sommet européen

L’Union européenne va avoir les yeux rivés sur sa frontière orientale ces jeudi et vendredi. Réunis en sommet à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement auront à traiter des dossiers très sensibles : les combats dans le Haut-Karabakh, la crise politique en Biélorussie ou encore les explorations gazières de la Turquie en Méditerranée.

"La place de l'Europe dans le monde"

Un diplomate européen faisait ce constat : entre février et juillet, l’Union européenne était totalement absorbée par la gestion du Covid-19. La fin de l’année, elle, sera consacrée au Brexit. D’ici-là, les dirigeants européens vont prendre le temps de débattre de la place de l’Europe dans le monde. A l’occasion du sommet spécial de ces jeudi et vendredi 1er et 2 octobre, le président du Conseil, Charles Michel, invite les 27 à se concentrer sur leur "capacité à façonner leur propre destinée". Tout un programme.

Les défis ne manquent pas. Il y a les relations complexes avec la Chine. Ce jeudi, les chefs d’Etat et de gouvernement européens échangeront leurs points de vue, partageront leurs visions sur cette puissance qui est tout à la fois un partenaire, un concurrent et un rival systémique.

Tensions en Méditerranée orientale

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Le Oruc Reis, bateau turc ayant participé aux opérations d'explorations en Méditerranée orientale. © AFP

Mais le cœur de ce sommet sera consacré à la Turquie, un voisin avec qui l’Union européenne entretient une relation tumultueuse. L’épisode estival en Méditerranée orientale est le dernier exemple en date.

Le président Recep Tayyip Erdogan a mené cet été des explorations gazières dans la zone maritime de la Grèce. L’opération a provoqué l’ire d’Athènes. Après avoir frôlé la confrontation militaire, Turcs et Grecs jouent actuellement la carte de l’apaisement.

Mais Ankara mène encore aujourd’hui des activités d’exploration dans la zone maritime de Chypre. Le président chypriote, Nicos Anastasiades, demande à ses partenaires européens de sanctionner la Turquie. Une option aujourd’hui sur la table du Conseil européen. Une option parmi d’autres. Il semble que parmi les 27, la priorité reste encore au dialogue. "Notre objectif est de créer un espace pour un dialogue constructif avec la Turquie afin de parvenir à la stabilité et à la sécurité dans toute la région, et de garantir le plein respect de la souveraineté et des droits souverains de tous les États membres de l'UE", a écrit Charles Michel, à la veille du sommet européen. Une attitude entre négociations et fermeté qui s’explique par le poids considérable de la Turquie dans des domaines comme la migration ou la sécurité.

Des sanctions ? Oui mais...

Des sanctions, il en sera également question dans le dossier biélorusse. L’Union européenne ne reconnaît pas Alexandre Loukachenko comme président de Biélorussie. Les Européens jugent l’élection présidentielle du 9 août frauduleuse. Ils condamnent la répression qui s’est abattue  depuis sur l’opposition biélorusse. L’Union a préparé une liste d’une quarantaine de dirigeants à sanctionner. Pour l’adopter, il faut l’unanimité des 27. Mais jusqu’ici, Chypre bloque un accord... pour faire pression dans le dossier turc.

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Scène de combat dans le Haut-Karabakh © AFP

Enfin, à propos des combats dans le Haut-Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les Européens déplorent une escalade "très préoccupante". Les 27 n’accepteront "aucune ingérence" étrangère dans ce conflit. Mais là encore la Turquie. Ce mercredi, Ankara promettait une aide militaire à l’Azerbaïdjan, si nécessaire. "Ça n’aide pas vraiment à calmer les esprits", s’inquiétait un diplomate européen hier à la veille du sommet européen.


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Tension entre la Turquie et la Grèce en Méditerranée due aux gisements gaziers: JT du 18/08/2020

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