La Turquie s'enfonce à nouveau dans la violence

Après les attentats de ce mardi qui ont coûté la vie à une quinzaine de policiers dans le sud-est du pays, des manifestants sont descendus dans les rues de Turquie hier soir. Sous prétexte de marcher contre le terrorisme du PKK, des partisans islamistes et nationalistes s’en sont pris aux locaux du Parti pro-kurde HDP, mais aussi aux locaux du journal de centre-droite Hürriyet, accusé de critiquer la politique du pouvoir en place. Un gouvernement, celui d'Ahmet Davutoğlu, qui ne semble pas faire grand-chose pour apaiser ces tensions aux relents racistes.

Une éruption de colère qui n’a rien de spontané

Symptomatique du blanc-seing accordé par le pouvoir, c’est un député de l’AKP au pouvoir, chef de la branche jeunesse du Parti de la Justice et du Développement qui était à la tête des casseurs qui ont saccagé le rez-de-chaussée du siège du journal Hürriyet. Bien qu’il soit protégé par son immunité parlementaire, plainte a été déposée contre lui et le 1er Ministre a demandé au Gouverneur d’Istanbul des mesures de protection exceptionnelles des journaux de la métropole.

De son côté, la police est accusée de passivité dans les nombreuses attaques des locaux du Parti HDP, dont plusieurs ont été incendiés.  Cela rel!ve d'ailleurs du miracle qu’il n’y ait eu aucune victime.

Nuit de Cristal

Un député de l’opposition n’hésite pas à parler de Nuit de Cristal du pouvoir Erdogan. Ces tout derniers jours, d’innombrables attaques contre les affiches du HDP avaient déjà été enregistrées et, plus grave, de simples citoyens ont été passés à tabac, torturés, parfois même poignardés à mort sous simple prétexte qu’ils étaient Kurdes.

C'est finalement dans la soirée de mardi que le Président Erdogan a décidé de lancer un appel au calme à la télévision.

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