La Turquie renverra à partir de lundi les membres étrangers de l'EI dans leurs pays, une Belge concernée

La Turqui annonce qu'elle renverra à partir de lundi les membres étrangers de l'EI dans leurs pays
La Turqui annonce qu'elle renverra à partir de lundi les membres étrangers de l'EI dans leurs pays - © ADEM ALTAN - AFP

Ankara renverra à partir de lundi les membres étrangers du groupe Etat islamique (EI) détenus dans les prisons turques, a affirmé vendredi le ministre turc de l'Intérieur.

"Nous vous disons que nous allons vous les renvoyer. Nous commencerons à partir de lundi", a déclaré Süleyman Soylu, cité par l'agence de presse étatique Anadolu.

Le ministre turc n'a pas précisé quels étaient exactement les pays concernés par cette mesure, mais s'est adressé à l'"Europe" pendant son discours.

Une Belge concernée

Selon nos informations, la Belgique est concernée par cette mesure, mais de façon très limitée. En effet, une seule Belge figure parmi les personnes qui devraient quitter le territoire turc. Il s'agit de Fatima Benmezian, de Borgerhout (Anvers), qui a réussi à rejoindre la Turquie récemment. Elle avait manifesté son envie de revenir en Belgique il y a plusieurs mois déjà, mais n'avait aucune chance d'y arriver en restant en Syrie, puisque le gouvernement belge a toujours dit qu'il refusait de rapatrier les combattants belges partis rejoindre les rangs du groupe terroriste. Maintenant qu'elle est en Turquie, cela devient possible.

A son retour, elle sera immédiatement détenue car elle a été condamnée à 5 ans de prison en mai 2015, pour avoir rejoint les rangs du groupe terroriste. Elle devra donc purger sa peine ou demander un nouveau procès. A ce stade, il n'est pas possible de dire si Fatima Benmezian sera extradée ou expulsée dès lundi et comment se déroulera ce processus.

Deux autres "FTF" (Foreign Terrorist Fighters) belges sont détenus en Turquie, mais ils sont sous le coup d'une procédure judiciaire dans ce pays et ne sont donc à priori pas concernés par les extraditions évoquées par le ministre turc de l'Intérieur.

Des combattants dont personne ne veut

Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé jeudi que plus de 1.150 membres de l'EI étaient actuellement incarcérés dans les prisons turques.

Ankara appelle régulièrement les pays européens à reprendre leurs ressortissants qui ont intégré les rangs de l'EI en Syrie, mais ceux-ci sont peu enclins à les récupérer, notamment pour des raisons sécuritaires et d'impopularité d'une telle mesure.

Lundi, M. Soylu avait déclaré que la Turquie renverrait les combattants étrangers de l'EI dans leurs pays même si ces derniers leur retiraient leur nationalité.

Mais il n'est pas clair comment la Turquie pourrait s'y prendre pour renvoyer une personne dans un pays dont elle ne serait plus techniquement une ressortissante.

Longtemps soupçonnée d'avoir laissé les jihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l'EI, a rejoint en 2015 la coalition antijihadiste.

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l'EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l'organisation jihadiste.

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