La Turquie ne laissera plus les migrants traverser la mer Egée vers l'Europe

La Turquie ne laissera plus les migrants traverser la mer Egée vers l'Europe
La Turquie ne laissera plus les migrants traverser la mer Egée vers l'Europe - © LOUISA GOULIAMAKI - AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a donné l'ordre aux garde-côtes d'empêcher les migrants de traverser la mer Egée, a annoncé le service des garde-côtes sur Twitter.

"Sur ordre du président (...) aucune autorisation ne sera donnée aux migrants de traverser la mer Egée en raison des dangers que cela comporte", a twitté ce service.

"L'approche consistant à ne pas intervenir pour empêcher les migrants de quitter la Turquie reste valable, sauf pour ce qui concerne les départs par la mer, en raison des dangers", a-t-il ajouté.

Le service des garde-côtes a déclaré avoir sauvé jeudi 97 migrants en danger, accusant les  Grecs d'avoir "dégonflé leurs trois bateaux et les avoir laissé deriver, à moitié en train de couler".

Ankara et Athènes échangent continuellement des accusations concernant les migrants, les Turcs parlant de la brutalité des Grecs à l'encontre des migrants, les Grecs accusant la Turquie de les pousser et même de les aider à l'émigration vers la Grèce.

Deux nouveaux camps en Grèce

La Grèce va construire deux nouveaux camps provisoires d'accueil pour les centaines de migrants arrivés ces derniers jours.

"Nous voulons construire deux camps fermés dans la région de Serres (nord) et dans la région d'Athènes, avec 1000 places", a déclaré Notis Mitarachi à la chaîne de télévision Skai TV.

"Nous avons besoin du soutien des populations locales. Nous ne pouvons pas laisser tous ces gens sur les îles", a-t-il ajouté.

Ces nouveaux camps accueilleront les demandeurs d'asile arrivés après le 1er mars, suite à l'annonce par la Turquie qu'elle n'empêcherait plus désormais les réfugiés ou migrants de partir vers la Grèce ou le reste de l'Europe.

Des habitants d'une ville de la région de Serres qui serait, selon la rumeur, destinée à accueillir ce camp ont manifesté cette semaine pour refuser cette installation.

Plus de 1700 migrants sont arrivés cette semaine à Lesbos et quatre autres îles de la mer Egée, venant s'ajouter aux 38.000 déjà présents qui surpeuplent les camps de réfugiés dans des conditions de plus en plus précaires.

Cette nouvelle vague de migrants a encore augmenté les tensions sur cet île qui est au premier rang des arrivées depuis des années, avec des violences dirigées entre autres vers les employés d'ONG et les journalistes.

Catastrophe humanitaire

Des milliers de migrants tentent également de passer la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce depuis que le président turc a annoncé le 29 février qu'il cessait de respecter l'accord de 2016 qui prévoyait que les migrants restent en Turquie, en échange d'une aide financière européenne à la Turquie.

Officiellement, Ankara proteste contre l'insuffisance de cette aide pour faire face au coût des quatre millions de migrants et de réfugiés, principalement Syriens, qu'elle accueille depuis des années.

Ce coût a encore augmenté avec l'offensive du régime syrien depuis décembre contre la province d'Idleb, dernier bastion rebelle en Syrie, qui a provoqué une catastrophe humanitaire, avec près d'un million de personnes déplacées.

Les Européens, qui avaient proposé un milliard d'euros supplémentaire d'aide qu'Ankara a refusé, y voient un chantage politique pour obtenir un soutien occidental aux opérations turques en Syrie. 
 

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