Tunisie: Hamadi Jebali refuse de rempiler comme Premier ministre

Le chef d'Ennahda avec le président Moncef Marzouki
Le chef d'Ennahda avec le président Moncef Marzouki - © AFP PHOTO / FETHI BELAID

L'instance consultative du parti islamiste Ennahda, au pouvoir en Tunisie, se réunit jeudi soir pour choisir un successeur au Premier ministre sortant Hamadi Jebali, a affirmé le porte-parole de cette formation. Celui-ci a déjà annoncé son refus de rempiler.

"Ennahda a annoncé que Hamadi Jebali s'est excusé de ne pouvoir accepter son offre d'être le candidat du parti au poste de chef du gouvernement", a indiqué la formation islamiste qui continue de présenter le Premier ministre comme son secrétaire général

La réunion du Majlis al-Choura doit débuter à 18H00 (17H00 GMT), a indiqué Néjib Gharbi: "On n'a rien décidé jusqu'ici mais il y a quatre candidats au poste de Premier ministre : Ali Larayedh (actuel ministre de l'Intérieur), Mohamed Ben Salem (ministre de l'Agriculture), Noureddine Bhiri (ministre de la Justice) et Abdellatif Mekki (ministre de la Santé)".

Le chef d'Ennahda Rached Ghannouchi avait admis mercredi être en pourparlers avec Hamadi Jebali pour qu'il accepte de diriger le futur gouvernement malgré sa démission.

Le Premier ministre sortant a démissionné après le rejet de son propre parti de l'idée d'un gouvernement de technocrates apolitiques, avancée le 6 février, le jour même de l'assassinat de l'opposant de gauche et acerbe critique des islamistes, Chokri Belaïd, qui a aggravé la crise politique dans le pays.

Un gouvernement mixte, politiques et technocrates ?

Deux dirigeants de l'opposition ont encore indiqué mercredi, après avoir rencontré le président tunisien, être favorables à un gouvernement restreint mêlant politiques et technocrates et dirigé par Hamadi Jebali.

La vie politique tunisienne est paralysée depuis des mois par l'incapacité de l'ANC d'achever la rédaction de la Constitution et donc de fixer un calendrier électoral.

Cette crise a été décuplée par le mort de Chokri Belaïd dont les tueurs courent toujours.

"Un grand sens de l'Etat"

Après la démission d'Hamadi Jebali, Paris, Berlin et l'Europe ont tenu à lui exprimer leur "respect". La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a loué en particulier le "grand sens de l'Etat" de Hamadi Jebali.

Une partie de la presse tunisienne saluait aussi le Premier ministre sortant qui aura gouverné la Tunisie pendant 14 mois, le quotidien Le Temps notant "sa cohérence et son attachement à l'intérêt suprême de la nation".

Mais La Presse s'inquiète du fait que "l'avenir du pays demeure incertain".

L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé mardi d'un cran la note souveraine de la Tunisie à "BB-" contre "BB", assortie d'une perspective négative en raison "des tensions politiques".

Outre cette crise, le pays fait face aux frustrations sociales qui dégénèrent régulièrement en violences, le chômage et la misère ayant été au coeur de la révolution qui a renversé Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.

Le futur Premier ministre aura quinze jours à compter de sa nomination pour former son équipe qui devra obtenir la confiance de l'ANC.


AFP

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