La Thaïlande annonce la fin du commerce de l'ivoire

L’événement international de grande ampleur réunit les représentants de 177 gouvernements jusqu’au 14 mars. Moins connu que d’autres conférences mondiales, la Cites peut être comparée aux grands rassemblements internationaux sur le climat ou la biodiversité. Les pays occidentaux ont donc, eux aussi, un rôle à jouer en mettant la pression sur les pays impliqués.

4ème plus importante activité illégale.

Saluant la décision de la Thailande, Gwendoline Viatour –porte parole du World Wildlife Fund- assure que le WWF mène campagne depuis un an pour la survie des animaux. “Notre pétition, lancée le 15 janvier a réuni 1,5 million de signatures, dont 20 000 en Belgique. Notre rapport montre que le commerce illégal des animaux sauvages pèse 19 milliards de dollars par an. C'est la quatrième activité illégale après le commerce de la drogue, la contrefaçon et le trafic d’être humains. L’annonce faite par la Thaïlande est importante mais nous effectuerons les contrôles nécessaires car le braconnage est encore énorme. Il faut des sanctions efficaces”.

Impliqué dans la défense des espèces, le WWF attend de cette conférence qu’elle « aboutisse à des mesures fortes pour stopper le commerce illégal des espèces sauvages, qui menace directement la survie d’espèces comme l’éléphant, le rhinocéros et le tigre, tués pour leur ivoire, pour leur corne ou pour d’autres parties ».

Une réglementation peu appliquée

La Thaïlande est le plus grand marché de l'ivoire dans le monde et elle influence fortement le massacre de dizaines de milliers d'éléphants en Afrique. Selon la réglementation en vigueur en Thaïlande, le commerce d’ivoire africain sur le sol thaïlandais est interdit, alors que l’ivoire provenant d’éléphants (domestiques morts de causes naturelles) du pays est légal. C'est ce qui permet à des réseaux de trafiquants d’exploiter cette faiblesse pour faire passer l’ivoire africain pour de l’ivoire thaïlandais.

Le Nigeria et la RDC dans le collimateur

Le grands défi de la Cites est le commerce illégal de l’ivoire, explique Gwendoline Viatour: “Il y a la Thaïlande, mais aussi le Nigeria et la République Démocratique du Congo (RDC). Ce sont ces trois pays qui ont le moins respecté leurs engagements dans le cadre de la Cites." 

Mais l’ivoire n’est qu’un des défis que doit relever la Cites. Le commerce illégal et le braconnage tuent, selon le WWF, 10 000 à 30 000 éléphants africains par an. De même, 668 Rhinocéros ont succombé rien qu’en 2012.

Le WWF rappelle que la Cites prévoit que les pays peuvent décider d’arrêter tout commerce des 35 000 espèces animales et végétales (du bois exotique à la peau de crocodile) couvertes par la convention Cites avec les pays qui n’ont pas rempli leurs engagements. La WWF attend donc ces sanctions et dit attendre de la Conférence mondiale des mesures rapides et fortes: “La Cites est l’endroit idéal pour prendre ces mesures.”

Jean-Claude Verset

 

 

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