La technologie pour aider les seniors à rester chez eux: trop chère

Une personne passe le 24 mars 2011 devant le panneau annonçant le Salon des seniors qui se tient Porte de Versailles à Paris
Une personne passe le 24 mars 2011 devant le panneau annonçant le Salon des seniors qui se tient Porte de Versailles à Paris - © Miguel Medina (AFP)

De la douche aménagée à l'ordinateur multifonctions, une foule d'équipements peuvent aider les personnes âgées à rester chez elles le plus longtemps possible, mais ils sont souvent hors d'atteinte du porte-monnaie des retraités.

Un lit surélevé, un canapé pas trop profond pour se relever facilement, des tapis antidérapants dans la douche : une jeune ergothérapeute explique aux visiteurs du salon des Seniors, à Paris, comment aménager un appartement pour éviter les chutes et l'adapter au grand âge.

Dans l'appartement-témoin installé au milieu du Salon, Danielle Del Mas, 73 ans, est très intéressée par le long fil qui pend dans la douche, un système de téléalarme. "Peut-être plus tard, ça pourrait m'être utile", dit-elle, "dans la mesure du possible financièrement, bien sûr".

Si certains aménagements sont peu coûteux (un robinet mitigeur, plus maniable) voire gratuits (poser sa serviette près de la douche pour éviter de glisser), beaucoup sont plus bien chers.

Pour une grande baignoire à porte, grand classique de l'équipement des personnes âgées ou handicapées, de fabrication française, comptez 4500 euros hors taxes.

Certains équipements, comme cette baignoire, donnent droit à un crédit d'impôts de 25% ou peuvent être en partie financés par l'Allocation personnalisée d'autonomie ou par les groupes de prévoyance mais cela reste souvent insuffisant. De plus, le maquis des aides financières est parfois dissuasif.

De la baignoire à l'ordinateur-mémoire

Côté technologies, "le marché est balbutiant", explique Hervé Sauzay, directeur du Salon.

Pourtant, de nombreuses inventions existent, comme Ordimemo, lancé en 2008. Grand écran tactile, icônes bien visibles, il permet notamment d'envoyer des mails, de voir son agenda, noter ses courses, explique le directeur de la société François Pernice.

Entre 1200 et 700 euros selon le modèle, le contribuable peut bénéficier de réductions fiscales (environ 200 euros) car le système (sur abonnement) prévoit de la télé-assistance.

La société en a vendu 300 à un public qui a en moyenne entre 75 et 80 ans, via internet et un réseau d'une trentaine de boutiques.

Mais elle fait presque figure d'exception : ABC Informatique vient seulement de lancer son ordinateur tandis que le boîtier multifonctions d'Ubiquiet est encore en phase d'expérimentation.

Malgré le vieillissement de la population, "c'est un marché de niche", confirme François Pernice.

Les technologies pour personnes âgées ou "gérontechnologies" sont "souvent le fait de PME innovantes et de professeurs Nimbus super doués mais qui ont du mal à trouver des réseaux de distribution", poursuit Hervé Sauzay.

Les grandes marques ont souvent "peur de donner une image 'vieux'". Du coup, le "marché a un peu de mal à se structurer" et comme ils se vendent peu, les produits restent chers, explique-t-il.

Pour François Pernice, bien que le gouvernement répète sa foi dans les technologies permettant le maintien à domicile, "il n'y a pas de volonté politique". "Est-ce qu'on met les moyens pour" que les particuliers puissent se les payer ?, s'interroge-t-il.

"Le vrai sujet des gérontechnologies, c'est la solvabilité" du public, abonde Dominique Guénaux, PDG d'Ubiquiet. Il espère donc "diluer le coût" entre les Conseils généraux, mairies, Sécu, mutuelles etc. de sorte que son appareil ne coûte que "quelques euros par mois" au bénéficiaire.


AFP
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