La taxe sur les GAFA va-t-elle voir le jour en Europe?

La taxe sur les GAFA va-t-elle voir le jour en Europe?
La taxe sur les GAFA va-t-elle voir le jour en Europe? - © LIONEL BONAVENTURE - AFP

La France fait le forcing pour que la taxe sur les entreprises numérique soit adoptée d’ici la fin de l’année. Le ministre français des finances, Bruno Le Maire, a fait le déplacement ce mardi à Strasbourg pour défendre sa cause auprès du Parlement européen. Il a repris son bâton de pèlerin pour prêcher la bonne parole. Depuis des semaines, si pas des mois, il sillonne le continent à la recherche de soutien. 

Comment cet appel a été accueilli ? 

Le ministre français des finances était en terrain conquis. Le parlement européen est largement acquis à sa cause. Certains parlementaires lui demandent même d’être plus ambitieux. Le projet de la Commission, largement inspiré par la France, est de taxer les GAFA ou GAFAM, Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft, qui aujourd’hui échappent largement aux fiscs des pays où ils exercent principalement leurs activités. Avec le projet de directive européenne, quelque 200 géants du web seraient taxés à hauteur de 3% des revenus tirés de certaines activités comme la publicité et la revente de données personnelles. Les eurodéputés de la Commission des affaires économiques, voudraient que cette taxe numérique soit, non pas de 3 mais de 5%.

D’où viennent les réticences ? 

Ce mardi, Bruno Le Maire a résumé la situation comme ceci: les pays du sud sont très chauds, les pays du nord plus frileux. Quatre pays font de la résistance: la République tchèque, la Finlande, la Suède et l’Irlande. Leur argument, c’est que la taxe numérique européenne pourrait enfreindre les traités internationaux. Les mauvaises langues diront que la Suède veut défendre le site de musique en streaming Spotify et l’Irlande veut préserver sa politique fiscale particulièrement attrayante à l’égard des géants du web.

Reste enfin un Etat-membre qui se montre fort hésitant. L'Allemagne se méfie de la réaction des Etats-Unis, la plupart des géants du web étant américains.Elle craint des représailles contre son industrie automobile.

Le ministre français a-t-il des chances d'être entendu?

Bruno Le Maire estime qu'il reste 60 jours, donc jusqu'à Noël, pour réussir parce qu'après les esprits seront occupés par le Brexit et les élections européennes. La difficulté, c'est que pour faire passer ce projet de taxe numérique, il faut l'unanimité des Etats-membres. Bruno Le Maire le sait évidemment. Voilà pourquoi il reprendra la route dès vendredi direction Berlin. Il compte aussi se rendre prochainement à Dublin.


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