La "taupe" de WikiLeaks Bradley Manning condamné à 35 ans de prison

Bradley Manning encourrait 154 ans de prison après avoir été reconnu coupable de plusieurs charges liées à la violation de la législation sur l'espionnage. Le gouvernement américain avait requis  "pas moins de 60 ans de prison".

"Nous devons nous assurer que nous ne verrons plus jamais un tel cirque", avait souligné le procureur, convaincu que la "trahison" du soldat, un "initié déterminé à exploiter les failles d'un système imparfait", avait durablement endommagé les relations diplomatiques des Etats-Unis.

"Le gouvernement veut qu'il pourrisse en prison", avait fustigé de son côté son avocat David Coombs, remarquant que l'accusation "ne s'intéressait qu'à la punition" et non à la réinsertion d'un accusé "jeune", "humaniste", "très intelligent", "naïf certainement, mais bien intentionné". "A ce moment-là, il croyait vraiment et sincèrement que ces informations feraient la différence, et il ne pensait pas qu'elles nuiraient aux Etats-Unis", avait plaidé l'avocat civil. "Il pensait profondément que cela pourrait mettre un terme aux guerres en Irak et en Afghanistan, aussi naïve que puisse être sa position, elle était sincère".

Bradley Manning échappe à la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de remise de peine car il n'avait pas été reconnu coupable de la seule charge de "collusion avec l'ennemi", le plus grave des 22 chefs d'accusation. Il avait par contre été reconnu coupable de 20 des 22 charges retenues contre lui. Outre la violation de la loi sur l'espionnage, la justice militaire l'a notamment reconnu coupable de vol de documents des forces armées

Appel en grâce et réduction de peine

Son avocat David Coombs a fait savoir qu'il déposerait un appel en grâce auprès du président Barack Obama, pour implorer sa clémence, a indiqué Nathan Fuller, du Réseau de soutien de Bradley Manning.

De plus,s'il encourait 90 ans de réclusion pour des faits d'espionnage, de fraude et de vol de documents, et que le gouvernement en avait requis "au moins 60 ans", cette peine est la plus longue infligée en matière de fuite de documents confidentiels. Elle pourra cependant être réduite par un système de remise de peine pour bonne conduite après avoir purgé un tiers de sa peine.

Si ce système lui est favorable, Bradley Manning pourrait dès lors sortir de prison après neuf ans.

WikiLeaks a immédiatement salué "une victoire stratégique significative".

Le soldat de 25 ans avait reconnu avoir transmis quelque 700 000 documents militaires et diplomatiques au site WikiLeaks, lorsqu'il était analyste du renseignement en Irak, de novembre 2009 à son arrestation en mai 2010.

RTBF, avec AFP

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK