La Syrie a accepté le plan de Koffi Annan pour arrêter les violences

Bachar al-Assad salue les participants à une manifestation de soutien au régime, le 11 janvier 2012 à Damas
Bachar al-Assad salue les participants à une manifestation de soutien au régime, le 11 janvier 2012 à Damas - © Str

Le gouvernement syrien a accepté le plan en six points de Kofi Annan qui considère cette décision comme une "étape initiale importante" pour mettre fin à la violence, a annoncé mardi le porte-parole de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe. Sur le terrain, les violences continuent.

"Le gouvernement syrien a écrit à l'envoyé spécial conjoint Kofi Annan pour accepter son plan en six points, approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies", a indiqué le porte-parole de Kofi Annan, Ahmad Fawzi, dans une déclaration écrite.

"Kofi Annan a écrit au président Assad pour exhorter le gouvernement syrien à mettre immédiatement en vigueur ses engagements", a-t-il ajouté.

Pour Kofi Annan, a spécifié Ahmad Fawzi, la décision de Damas est "une étape initiale importante qui pourrait mettre un terme à la violence et à l'effusion de sang".

Elle devrait aussi permettre de répondre aux "souffrances" et "créer un environnement propice à un dialogue politique qui répondrait aux aspirations légitimes du peuple syrien", a-t-il poursuivi.

Le plan Annan, approuvé le 21 mars par le Conseil de sécurité, préconise notamment la cessation de toutes formes de violence armée par toutes les parties sous supervision de l'ONU, la fourniture d'aide humanitaire à toutes les zones affectées par les combats et la libération des personnes détenues arbitrairement.

Kofi Annan, qui a déjà visité Moscou ce week-end pour obtenir l'appui de la Russie à son plan, a souligné mardi à Pékin qu'il "a besoin de l'aide" de la Chine pour résoudre la crise en Syrie, lors d'un entretien avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

Mais, sur le terrain, les opposants faisaient état de la poursuite des violence, avec plusieurs morts, ce mardi.

Depuis le début de la révolte contre le régime, des estimations "crédibles" font état de plus de 9000 morts, selon Robert Serry, un envoyé spécial de l'ONU pour la paix au Moyen-Orient.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme, une ONG, évoque désormais de son côté 9734 personnes tuées, dont 7056 civils et 2678 soldats des troupes du régime.

Bachar al-Assad à Homs

Pendant ce temps, le président syrien Bachar al-Assad s'est rendu ce mardi à Homs, dans le quartier de Baba Amr, assurant aux habitants que ce bastion rebelle pilonné pendant un mois puis repris par l'armée, allait être reconstruit et serait "beaucoup mieux qu'avant", selon la télévision d'Etat.

Il a en outre jugé nécessaire qu'"un calendrier soit établi" pour la remise en état du quartier.

Cette visite est l'une des rares apparitions publiques du président Assad depuis le début de la crise en Syrie en mars 2011.

La télévision a montré une femme frayant son chemin pour embrasser le président syrien.

Evoquant les violences dans Baba Amr, attribuées par les autorités à des "terroristes", Bachar al-Assad a affirmé que "l'Etat a été prompt à remplir son devoir de protection de ses citoyens", selon l'agence officielle Sana.

"L'Etat a voulu donner à ceux qui s'étaient éloignés du droit chemin, le plus grand nombre d'occasions pour qu'ils (...) jettent les armes, mais ils ont (...) intensifié leur terrorisme. Il fallait donc agir pour ramener la sécurité et la tranquillité, et imposer la loi". Ces propos rapportés par l'agence Sana n'avaient pas encore été diffusés à la télévision mardi après-midi.

Des opposants réunis en Turquie

Parallèlement, plusieurs centaines d'opposants syriens se sont réunis mardi à Istanbul pour tenter de dégager une position commune sur l'avenir de la Syrie avant la conférence des Amis de la Syrie prévue dimanche.

Cette réunion, qui se déroule à huis clos, a été précédée dimanche et lundi à Istanbul de rencontres informelles entre factions de l'opposition, dont le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.

Les participants devraient prendre "un engagement solennel" sur l'avenir de la Syrie, qui sera démocratique, multipartiste, respectueuse de toutes les minorités, et "civile", c'est-à-dire laïque, a déclaré lundi à l'AFP Ahmad Kamel, du bureau médias du CNS.

Le Qatar, pays qui assure la présidence tournante de la Ligue arabe, ainsi que la Turquie, pays hôte, sont représentés par des diplomates de haut rang à ce forum, auquel sont présents environ 400 militants, selon les organisateurs.

Le Comité de coordination national pour le changement national et démocratique (CCNCD) qui regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes et socialistes, et un petit groupe constitué autour de l'intellectuel syrien Michel Kilo, ne participent pas à ce forum.

La réunion a aussi pour but de renforcer le poids de l'opposition alors que doit être organisée dimanche à Istanbul la seconde conférence des "Amis de la Syrie".

Une première rencontre des Amis de la Syrie avait rassemblé fin février à Tunis les représentants d'une soixantaine d'Etats arabes et occidentaux, sans la Russie et la Chine, principaux soutiens de Damas.

Ces deux puissances, invitées à Istanbul, devraient à nouveau bouder la conférence, souligne-t-on de source turque.

RTBF et AFP

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