La surpêche en Europe

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Nous n'avons jamais mangé autant de poissons qu'aujourd'hui: 40% du poisson vendu dans le monde, l'est en Europe. Et pourtant, une nuit à bord d'un chalutier français nous en donne la certitude : ce que nous pêchons dans nos mers ne suffit pas à satisfaire notre demande.

Les scientifiques sont formels: nos mers et nos océans se vident. En cause: la surpêche pratiquée depuis plusieurs décennies par les pays industrialisés.

En effet, dès le début des années 80, la CEE a alloué des subsides massifs aux flottes de pêche européennes leur permettant de se moderniser. Résultat, trop de bateaux trop bien outillés pour trop peu de poissons.  

Aujourd’hui, consciente du danger de désertification de ses océans, l’Union européenne impose des quota. Son principe : limiter le nombre de jours en mer en fonction du nombre de tonnes de poissons pêchés. Mais entre les quota recommandés par les scientifiques et les quota imposés, il y a de la marge.

Les pêcheurs, de leur côté, jugent la pression de la commission européenne insoutenable : contrôles satellite de leur zone de pêche, contrôle visuel au port dès leur retour. Leur métier change, il navigue entre les rudesses du métier et l’épée de Damoclès du législateur européen. En 20 ans, le nombre de pêcheurs a diminué de plus de moitié.

Les mesures européennes, elles, s’accumulent. La dernière en date, s’appelle la norme " O% rejet ". Lorsqu’ils pêchent une espèce, les pêcheurs attrapent parfois dans leurs filets des poissons trop petits et immatures ou encore des poissons d’autres espèces. Pour l’instant, au moment du tri, ces poissons sont rejetés morts en mer et régalent les mouettes. A l’avenir, plus question de procéder de cette manière a décidé l’Europe. Les pêcheurs, eux , ne voient pas comment éviter ce rejet: En effet, en changeant les filets, la sélectivité s'améliore et les plus petits poissons échappent au chalut. Il n'empêche, le rejet 0% ce n'est encore pour demain.

Mais l’avenir ne leur laisse qu’une alternative : s’adapter ou changer de métier.

Lucie Dendooven, journaliste

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