La structure du pouvoir en Iran, un modèle plus compliqué qu'en Belgique?

Ali Khamenei (à gauche) est le guide suprême, qui est le véritable chef d'orchestre du pays, tandis que Hassan Rohani (à droite) est le président.
Ali Khamenei (à gauche) est le guide suprême, qui est le véritable chef d'orchestre du pays, tandis que Hassan Rohani (à droite) est le président. - © Belga

De nombreuses manifestations contre le pouvoir et les difficultés économiques se déroulent depuis bientôt une semaine en Iran, malgré un certain calme depuis deux jours. Ces manifestations remettent donc en cause le pouvoir iranien. Mais dans ce pays, la structure du pouvoir est très compliquée. Rapide retour sur les institutions iraniennes.

La République islamique d'Iran a été créée en 1979. Elle repose sur la loi islamique, la charia. Tous les 4 ans, 55 millions de citoyens vont aux urnes pour choisir:

  • Le Président, qui est aujourd'hui Hassan Rohani, un modéré;
  • Le Parlement (ou Majlis) de 290 membres, en majorité des conservateurs;
  • Et la spécificité iranienne: l'assemblée des experts (élue tous les 8 ans), composée de 88 dignitaires religieux et conservateurs.

Cette assemblée nomme le Guide suprême, qui reste en poste à vie. Depuis 1989, c'est Ali Khamenei qui occupe ce poste. Il est le véritable chef d’orchestre du pays, pas le président. Ce Guide suprême est le chef des armées et représente la religion. Il a autorité sur l'exécutif, le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire et les médias.

Le président de la République, lui, a bien sûr des fonctions présidentielles: il signe des traités et fait des visites d'État. Mais dans les faits, celui-ci a plutôt un rôle de premier ministre qui dirige le gouvernement. Sa marge de manœuvre est serrée, d’autant plus qu’il peut être démis par le Guide suprême et par le Parlement. Il doit aussi composer avec des forces paramilitaires comme les Gardiens de la révolution et les "Pasdaran" qui sont sous les ordres du Guide suprême. Cette organisation explique parfois l'impuissance du président.

Dans l'ensemble, le système est très cadenassé. Pour la population qui soutient le régime, c'est synonyme de stabilité. Par contre, pour les manifestants des derniers jours, ce système empêche les transformations sociales et facilite la corruption.

Extrait du JT de 19h30

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