La situation s’aggrave dans les Antilles françaises, la Guadeloupe reconfinée pour trois semaines

L’île française de la Guadeloupe, dans les Caraïbes, va être reconfinée pour au moins trois semaines à partir de mercredi soir ont annoncé les autorités locales.

L’île antillaise suit ainsi les décisions prises pour le territoire voisin de la Martinique et pour l’île de la Réunion (située, elle, dans l’Océan indien), tous deux (re) confinés depuis vendredi soir pour trois semaines aussi.

"Nous sommes dans une situation catastrophique, nous avons dépassé les 3000 cas par semaine", a alerté Valérie Denux, directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe. Selon elle, le nombre de cas de Covid-19 a été "multiplié par plus de 10 en 3 semaines" et "le taux d’incidence est à 828 pour 100.000 habitants. On n’a jamais atteint ce taux en Guadeloupe".

En conséquence, le préfet de la Guadeloupe, Alexandre Rochatte a annoncé l’imposition d’un couvre-feu strict " avancé à 20h00, jusqu’à 05h00. Avec dans la journée des restrictions de déplacement dans une sphère de dix km autour de son domicile ". Si les commerces restent ouverts, ainsi que les restaurants à midi, les bars seront tous fermés, tout comme les gymnases, les stades et les piscines. Il sera interdit de pique-niquer sur les plages et d’emporter des sonos sur les bateaux pour y organiser des soirées. Sur les plages encore, seule la présence "dynamique" sera permise, dans le cadre d’une promenade, baignade ou d’une activité sportive individuelle. Des "mesures indispensables" face à la flambée des cas selon le préfet.​​

Défiance populaire

Dans ces Départements d’outre-mer, les taux de vaccination sont à la fois largement inférieurs à ceux de la Métropole et la mise en place de mesures de restrictions déclenche souvent de vives tensions populaires. À Fort-de-France par exemple, chef-lieu de la Martinique, des heurts entre manifestants et forces de l’ordre avaient éclaté dans la nuit de samedi à dimanche, lors desquels un centre de vaccination a été incendié par la foule. Et ce, alors que l’île antillaise connaît en même temps l’un des plus forts taux d’incidence du pays (plus de 1000 cas pour 100.000 habitants) et l’un des plus faibles taux de vaccination de sa population (environ 15%). Samedi, trois premiers patients hospitalisés en raison du Covid-19 en Martinique ont d’ailleurs dû être transférés vers Paris par un vol médicalisé, faute de place dans les services de l’île.

Alors qu’en France métropolitaine ils étaient plus de 200.000 manifestants, selon le ministère de l’Intérieur, à protester contre le pass sanitaire ce week-end, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a pour sa part assuré dans une interview au journal Libération que le pass sanitaire serait mis en place dans ces territoires "lorsque l’on mettra fin aux mesures de freinage", tout en ouvrant la voie à une adaptation "soit sur le calendrier, soit sur les lieux concernés".

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