La Russie se désolidarise de l'Europe avec son nouveau gazoduc

L'inauguration du pipeline a été retransmise en vidéo, afin que le président russe Vladimir Poutine puisse y assister.
L'inauguration du pipeline a été retransmise en vidéo, afin que le président russe Vladimir Poutine puisse y assister. - © MIKHAIL KLIMENTYEV - AFP

Ce lundi, la Russie et la Chine ont inauguré en grande pompe un projet de collaboration monumental : le “Power of Sibera”, un gazoduc de plus de 2000 km, qui va relier la Sibérie à Blagoveshchensk, une ville proche de la frontière chinoise. À terme, Power of Siberia fournira 38 milliards de mètres cubes par an à la Chine, à savoir près de 10% de ses besoins en gaz.

Outre les retombées économiques énormes de ce projet (le contrat est estimé à plus de 400 milliards de dollars sur 30 ans), le gazoduc aura des conséquences importantes sur le plan géopolitique. En effet, la Russie met ainsi fin à sa dépendance quasi absolue vis-à-vis de l’Europe et de la Turquie pour ses ventes de gaz, acheminé la plupart du temps via des pipelines passant par… l’Ukraine.

L’annexion de la Crimée pèse toujours

Et c’est bien le conflit en Ukraine qui a mis le feu aux poudres entre l’Europe et la Russie : depuis l’annexion de la Crimée en 2014, les relations entre les deux entités sont restées glaciales, et les sanctions de l’Europe se sont multipliées. Et c’est justement à ce moment-là que la Russie a commencé à regarder vers l’est, le contrat du Power of Siberia datant de 2014.

L’Europe très dépendante de la Russie pour le gaz

Par ailleurs, si la Russie dépend énormément de l’Europe pour les échanges de gaz, l’inverse est vrai aussi. En 2017, les pays européens et la Turquie en ont importé 194 milliards de mètres cubes, à savoir 8% de plus qu’en 2016, qui étaient déjà une année record. La Russie peut donc se targuer d’un véritable monopole, plutôt embarrassant pour le Vieux Continent.

Les prix du gaz pourraient augmenter

De par sa nouvelle collaboration, la Russie renforce considérablement sa position sur le marché international du gaz. Si elle le souhaite, elle peut désormais faire grimper les tarifs lors des prochaines négociations, ou en cas de nouvelles tensions. D’autant que le pays continent ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, étant donné qu’un "Power of Siberia 2" pourrait voir le jour afin de combler les besoins toujours grandissants de la Chine.

Fait du jour : un nouveau gazoduc entre la Russie et la Chine

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