La Russie prévoit de se déconnecter d'internet lors d'un test

Le test devrait être réalisé avant le 1er avril.
Le test devrait être réalisé avant le 1er avril. - © YANN SCHREIBER - AFP

En cas de cyberattaque, la Russie souhaite se doter d’un réseau internet capable d’être autonome, c’est-à-dire avoir son propre intranet, et ne plus s’appuyer sur des serveurs situés à l’étranger. Les autorités du pays et les fournisseurs d’accès internet (FAI) devraient déconnecter le pays du réseau mondial avant le 1er avril.

En décembre dernier, le « Programme national d’économie numérique » a été présenté au Parlement russe. Approuvée par le président russe, Vladimir Poutine, cette proposition de loi devrait être normalement adoptée prochainement. Fin janvier, le Groupe de travail sur la sécurité de l’information a approuvé l’organisation de ce test afin d’apporter diverses informations et modifications à la proposition de loi.

Une vieille ambition

Si ce projet paraît récent, l’idée évolue au sein du gouvernement russe depuis quelques années. Déjà en 2014, une sauvegarde du système des noms de domaine a été effectuée. Répétée l’an passé, cette dernière composera la base d’internet dans le cas où les FAI russes déconnectent le pays du reste du monde. En 2017, des responsables déclaraient leur volonté de canaliser 95% de tout le trafic web d’ici 2020.

La volonté russe de posséder son propre réseau internet puise certainement sa source dans le passé. En 2007, l’Estonie a vu son trafic internet complètement paralysé à la suite d’une cyberattaque. Si récemment les Russes ont été accusés d’être à l’origine de plusieurs assauts informatiques dans d’autres pays, ils sont cependant conscience qu’un risque de cyberguerre est possible actuellement.

Les objectifs finaux consistent à instaurer un système de filtrage du flux internet, comparable à celui mis en place en Chine et à développer un intranet national opérationnel dans le cas d’une déconnexion au reste du monde.

Les intranets à travers le monde

Si d’autres pays ont clairement créé leur propre réseau internet autonome comme veut le faire la Russie, ce n’est pas réellement le cas de la Chine. Le pays ne dispose pas à proprement parler de son intranet national. Cependant, le web dans cet état asiatique est très contrôlé et il y existe peu de libertés. Un pare-feu filtre continuellement les recherches sur internet, ce qui rend limité l’accès au web mondial.

Deux autres pays possèdent leur internet personnel. Depuis 2012, l’Iran dispose également de son propre intranet, appelé « Halal Net ». Les autorités iraniennes ont pris cette mesure suite à un virus lancé sur son programme nucléaire en 2010. Contrairement aux idées reçues, l’accès au web est possible en Corée du Nord bien qu’il soit toutefois limité en nombre d’internautes. Seul l’élite peut surfer dans cette dictature. Une liste de 28 sites a été notée après une fuite accidentelle de noms de domaines de l’intranet.

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