La Russie contre l'usage de la force en Syrie mais prépare une opération

"Les Etats-membres sont opposés à toute intervention militaire, à l'imposition d'un changement de régime ou de sanctions unilatérales" au Moyen-Orient, ont déclaré à l'issue de leur sommet à Pékin les chefs d'Etat des pays de l'OCS, avant de faire référence à la Syrie où un nouveau massacre aurait fait des dizaines de morts mercredi.

Les dirigeants de l'OCS (Russie, Chine et quatre ex-républiques soviétiques: Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan) ont ainsi entériné les déclarations la veille de Moscou et Pékin à l'ouverture du sommet.

Spécifiquement sur la Syrie, l'OCS a souligné dans son communiqué final la "nécessité de cesser toute forme de violence, quelle qu'en soit l'origine" et a prôné une "solution pacifique du problème syrien par le dialogue politique".

Plus de 13 400 personnes, la plupart des civils tués par les forces régulières, ont péri en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, en 15 mois de révolte.

Et Moscou et Pékin, qui ont empêché par deux fois à l'ONU grâce à leur veto de membre permanent du Conseil de sécurité le vote d'une résolution sanctionnant Damas, font face à une pression accrue pour lâcher le régime de Bachar al-Assad.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait appelé mercredi à un transfert du pouvoir en Syrie à un gouvernement de transition.

Moscou entraîne ses troupes

Mais d'après le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta, cité par le Courrier international, des contingents de l'armée russe sont déjà à l'entraînement: "En Syrie, il devient urgent de mener une opération d'imposition de la paix, avant tout en direction des combattants [de l'opposition], qui essaient de résoudre les problèmes politiques les armes à la main, et non dans le cadre de la Constitution”, déclare Nikolaï Bordiouja, le secrétaire général de l'OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective qui rassemble six pays ex-soviétiques autour de la Russie).

Cité par la Nezavissimaïa Gazeta, le rédacteur en chef du journal Problemy Natsionalnoï Strateguii (Problèmes de stratégie nationale), Ajdar Kourtov, estime que "la Russie a des intérêts géopolitiques au Moyen-Orient, et elle soutiendra la Syrie, y compris, éventuellement à l'aide de ses soldats de la paix. La Syrie s'achemine vers la guerre civile. Et ses dirigeants ont besoin d'aide, avec la volonté politique appropriée de la Fédération de Russie. Il est souhaitable, bien sûr, pour mener à bien d'agir en coopération avec les alliés de la Russie dans l'OTSC et l'Organisation de coopération de Shanghai. Mais l'Occident et le monde arabe vont bine sûr interférer. Des temps difficiles nous attendent. L'armée russe doit être préparée à remplir, avec ses alliés, ses missions de maintien de la paix dans le but de défendre ses intérêts là-bas."         

RTBF avec AFP et Courrier international

 

 

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