La Roumanie se souvient de sa révolution, celle qui exécuta Ceaușescu

Un combattant civil anti-communiste armé d'une Kalachnikov photographié le 24 décembre 1989 à Bucarest.
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Un combattant civil anti-communiste armé d'une Kalachnikov photographié le 24 décembre 1989 à Bucarest. - © CHRISTOPHE SIMON - BELGAIMAGE

En Roumanie, il y a 25 ans, a eu lieu la révolution qui a mis fin au régime communiste du dictateur Nicolae Ceaușescu. Cette révolution n'a duré que quelques jours, mais a laissé des traces dans la société roumaine pour laquelle il s'agit toujours aujourd'hui d'un sujet délicat.

Le 16 décembre 1989, de premières protestations sont organisées contre la securitate - la police politique secrète du régime - dans la ville Timisoara.

Le soulèvement gagne Bucarest le 21 décembre. Le 22, Nicolae Ceaușescu et sa femme Elena prennent la fuite avant d'être jugés, sommairement, puis exécutés le 25 décembre. Au total, plus d'un millier de personnes sont mortes pendant ce soulèvement.

Les Roumains d'aujourd'hui ont une perception bien particulière de ces événements qui restent obscures, voire tabous, et ont laissé des traces indélébiles dans la société roumaine.

"Je pense que les priorités sont bien ailleurs aujourd'hui, explique cependant Jean-Michel Dewaele, professeur en sciences politiques à l'ULB et Spécialiste de l'Europe de l'Est. Elles sont socio-économiques comme malheureusement dans beaucoup de pays d'Europe. Mais on n'évite évidemment pas l'anniversaire d'une date qui a fait basculer l'histoire de la Roumanie du tout au tout."

"Il y a aussi le fait que ces événements restent encore très mystérieux pour une série de citoyens; on ne sait toujours pas très bien ce qui s'est déroulé réellement. Est-ce une révolution ? Est-ce un coup d'État ? Il y a toujours une grande discussion médiatique autour des événements mêmes."

"Il est de bon ton de réécrire sa propre histoire"

"Le passé reste donc difficile à analyser, car cela voudrait dire qu'une partie de la société admette qu'elle a participé, qu'elle a collaboré avec le régime communiste, souligne Jean-Michel Dewaele. Et, aujourd'hui, il est de bon ton de réécrire sa propre histoire en montrant combien, même si quelqu'un était membre du régime communiste, il a tout de même un petit peu résisté quelque part."

"Il y a là une vraie difficulté d'appréhension du passé, lequel laisse des traces très lourdes, non seulement au niveau économique, mais aussi au niveau des mentalités, dans le manque de confiance que l'on peut avoir vis-à-vis des autres, de la société, des institutions... Ce régime totalement terrifiant de Ceaușescu laisse encore des traces psychologiques dans la société roumaine aujourd'hui."​

Sandro Calderon

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