La résidence de l'ex-chef du Sinn Fein irlandais, Gerry Adams, visée par un explosif

Un dispositif explosif a visé la résidence de l'ex-chef du Sinn Fein irlandais, Gerry Adams à Belfas.
Un dispositif explosif a visé la résidence de l'ex-chef du Sinn Fein irlandais, Gerry Adams à Belfas. - © DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

Deux "engins explosifs" ont été lancés dans la nuit de vendredi à samedi contre les domiciles à Belfast de l'ancien chef du Sinn Féin Gerry Adams et d'une autre figure du parti, endommageant un véhicule, ont annoncé samedi les nationalistes.

La police nord-irlandaise a indiqué sur Twitter enquêter sur "deux incidents" survenus à "deux adresses" dans l'ouest de Belfast, sans plus de précision.

Selon le Sinn Féin, ex-vitrine politique l'Armée républicaine irlandaise (IRA), les deux engins explosifs ont visé les domiciles de Gerry Adams et de Bobby Storey, un ancien responsable du parti, et "l'un d'entre eux a endommagé une voiture".

"Tout va bien ici. Personne n'a été blessé", a tweeté dans la nuit Gerry Adams, qui avait cédé les rênes du Sinn Féin à sa dauphine Mary Lou McDonald en février dernier, lors d'un congrès spécial du parti nationaliste qu'il a dirigé pendant plus de 34 ans.

Des photos publiées dans la presse britannique montraient une trace d'explosion au niveau du pare-brise d'une voiture se trouvant près de la maison de Gerry Adams.

Gerry Kelly, un responsable du parti chargé des questions de justice, a dénoncé des "attaques lâches et répréhensibles".

"Des petits-enfants se trouvaient dans l'entrée de la maison d'Adams quelques minutes avant l'attaque", a-t-il ajouté, dans un communiqué. "J'en appelle au calme. Ces attaques sont les actes désespérés de groupes de plus en plus désespérés". Elles surviennent après plusieurs nuits de violences dans la ville nord-irlandaise de Londonderry, à la frontière avec la République d'Irlande, une rébellion soutenue par des dissidents des Républicains, des militants irlandais catholiques partisans d'une unification de l'île.

Bloody Sunday

Londonderry est tristement célèbre pour le Bloody Sunday du 30 janvier 1972. Des soldats britanniques avaient alors ouvert le feu contre des participants à une marche pacifique, faisant au total 14 morts.

Depuis les accords de paix de 1998 qui ont mis fin à trente ans de conflit, des incidents sporadiques continuent à secouer la province et des questions symboliques comme les défilés et l'usage des drapeaux dégénèrent régulièrement en flambées de violence.

L'été est une période particulièrement sensible avec les marches protestantes organisées tous les ans d'avril à août. Elles culminent avec la parade du 12 juillet, qui marque la victoire en 1690 du roi protestant Guillaume III d'Orange sur son rival catholique Jacques II, et donne chaque année lieu à des débordements.

L'Irlande du Nord demeure sans gouvernement local depuis janvier 2017, les deux principaux partis, le Parti démocratique unioniste (protestant) et le Sinn Fein (catholique, républicain), se montrant incapables de surmonter leurs désaccords.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK