La RDC accuse le Rwanda d'avoir tiré des roquettes sur Goma

Les ministres de la Communication Lambert Mende et le ministre congolais des Affaires étrangères Raymond Tshibanda
Les ministres de la Communication Lambert Mende et le ministre congolais des Affaires étrangères Raymond Tshibanda - © JUNIOR D.KANNAH - IMAGEGLOBE

La plupart des roquettes tombées jeudi sur la périphérie de la ville de Goma, tuant au moins deux personnes, venaient du Rwanda, a affirmé vendredi le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, à Kinshasa.

"Le plus grand nombre de tirs à la roquette provenaient du territoire de la République du Rwanda, plus précisément des localités de Mukamira et de Rugero, dans le district frontalier de Rubavu et de la localité de Mahuku", a affirmé le porte-parole au cours d'une conférence de presse. "Le gouvernement de la RDC attend de son voisin une explication sur ces faits particulièrement graves", a-t-il dit.

Des affrontements ont repris mercredi soir au nord de Goma entre le mouvement rebelle congolais M23 et l'armée congolais, provoquant la mort de quatre civils et en blessant une dizaine, selon l'ONU.

M. Mende, également ministre des Médias, a affirmé que dix-sept rebelles avaient été tués depuis mercredi et douze capturés.

Le Rwanda avait accusé jeudi l'armée congolaise d'avoir délibérément lancé une roquette sur un village rwandais, sans faire de blessé, dans un communiqué publié par le ministère rwandais de la Défense qui dénonçait "un acte de provocation".

Répliquant à ces accusations, le ministre congolais a affirmé: "c'est le M23 qui a lancé ces bombes au Rwanda pour ensuite accuser l'armée congolaise afin de justifier l'entrée en guerre contre la RDC de ce pays (le Rwanda, ndlr) qui le soutient déjà de manière officieuse".

M. Mende a réaffirmé "que l'initiative de la reprise des hostilités dans la nuit de jeudi à vendredi avait été, bel et bien, le fait des mutins du M23 et de leurs maîtres à penser qui ont lancé une attaque contre les positions des FARDC à Kibati". "La déstabilisation systématique du Kivu (est de la RDC) et la balkanisation de la RDC reste à l'agenda de certains cercles à Kigali", a-t-il lancé.

Le Mouvement du 23 mars (M23) est actif depuis mai 2012 dans la province instable du Nord-Kivu. Kinshasa et l'ONU ont accusé le Rwanda et l'Ouganda de soutenir ce mouvement rebelle congolais, ce que les deux pays ont toujours démenti.

Des pourparlers entre Kinshasa et le M23 s'étaient ouverts début décembre à Kampala, et sont à présent au point mort.

M. Mende a affirmé que ces négociations n'étaient pas interrompues mais "suspendues aux synthèses du médiateur ougandais". Aucune décision n'a été prise de mettre un terme à la présence du gouvernement congolais à Kampala, a-t-il dit.

Belga

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