La pollution de l'air coûte 1250 euros à chaque européen.

Congés de maladie, hospitalisations, décès prématurés. La pollution de l’air a un coût social en Europe. Il s’élève à 166 milliards d’euros par an à en croire l’Alliance européenne pour la santé publique, une plateforme d’ONG qui s’est penchée sur les coûts de la pollution atmosphérique dans 432 villes européennes. Résultat : Londres est la ville qui paie le plus lourd tribut, suivie de Bucarest et Berlin. Dans ce classement, Bruxelles, première ville belge, est 21e.

 

Un cocktail toxique et coûteux

En ville, les sources de la pollution atmosphérique sont nombreuses : la principale, ce sont les transports qui dégagent des particules fines. La combustion de carburants, que ce soient par des véhicules ou via le chauffage des habitations, émet du dioxyde d’azote (NO²). Ajoutez-y l’ozone (O³) et vous avez là un cocktail toxique qui diminue le bien-être des habitants. Et l’Alliance européenne pour la santé publique a donc chiffré ces pertes.

Londres, Bruxelles et les autres

Pour les 432 villes européennes reprises dans l’étude (dont la population cumulée est de 130 millions d’habitants), le coût social de la pollution de l’air s’élève à 166 milliards en 2018. Dit autrement, chaque habitant a subi une perte moyenne de 1250 euros à cause de la pollution de l’air. Mais il existe de grandes différences d’une ville à l’autre. Pour Londres, la perte dépasse les 11 milliards d’euros par an. Elle est de plus de 6 milliards pour Bucarest et plus de 5 milliards pour Berlin.

Bruxelles est la seule ville belge a intégré le top-25 du classement. La capitale belge est 21e et pour elle, le coût est estimé à plus d’un milliard et demi d’euros. Chaque Bruxellois perd en moyenne 1390 euros. D’autres villes belges sont mentionnées. Ainsi, le Montois perd 1000 euros, le Liégeois 830, le Carolo un peu moins de 800.

Grandes villes, coûts élevés

Derrière ces chiffres, le rapport montre de grandes tendances. Plus une ville est grande, chère et densément peuplée, plus les coûts sociaux de la pollution sont élevés pour ses habitants. C’est vrai particulièrement en Europe de l’Ouest. Ça l’est moins dans le centre et l’est de l’Europe où, malgré des revenus faibles, les coûts sont élevés parce que la qualité de l’air y est particulièrement mauvaise. Ce qui explique notamment pourquoi, Bucarest, la capitale roumaine, occupe la deuxième place du classement.

L’alliance européenne pour la santé publique met en évidence aussi le lien qui existe entre les voitures privées, les trajets domicile-travail et de hauts niveaux de pollution. Ainsi une hausse de 1% du nombre de voitures augmente de 0,5% le coût global de la pollution de l’air. Enfin, le coronavirus n’est pas oublié. La plateforme rappelle en effet que des études démontrent qu'un air pollué augmente la mortalité chez les patients Covid.

Les recommandations

Pour l’Alliance européenne pour la santé publique, la lutte contre la pollution de l’air dans les villes devrait être une priorité politique. Elle invite les autorités nationales et locales de tenir compte des coûts sociaux de la pollution de l’air dans leurs politiques de mobilité urbaine. Et sans surprise, elle leur recommande de réduire les transports roulant aux énergies fossiles et de privilégier les mobilités non polluantes, d’autant que des activités physiques comme la marche et le vélo ont un impact positif en matière de santé publique. Enfin, la plateforme alerte les villes sur l’importance d’avoir un réseau efficace de stations de contrôle de la qualité de l’air afin de mieux évaluer la relation entre la santé et la pollution atmosphérique.

Pour rappel, la pollution de l’air cause chaque année plus de 400 mille décès prématurés au sein de l’Union européenne.

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