La police mise en cause à Londres : "Des femmes maltraitées physiquement lors d'une veillée contre la violence masculine"

L’émotion est très forte au Royaume-Uni après le meurtre de Sarah Everard. Cette femme de 33 ans s’était rendue le 3 mars dernier chez des amis à Clapham, dans le sud de Londres. Elle a ensuite voulu rentrer chez elle à Brixton, à 50 minutes de marche. Il était 21h30 environ. Son corps n’a été retrouvé qu’une semaine plus tard, le mercredi 10 mars. Et c’est le vendredi 12 mars que son corps a été formellement identifié.

Le principal suspect du meurtre s’appelle Wayne Couzens. Il a 48 ans, il est un policier, plus spécialement chargé de la protection des représentations diplomatiques. Il a été inculpé vendredi soir pour enlèvement et meurtre. Il sera présenté à la Cour de l’Old Bailey à Londres mardi prochain.

Ce meurtre suscite une vive émotion dans tout le pays. Jeudi, la députée Jess Phillips a lu devant la Chambre des communes le nom de 118 femmes victimes de meurtre l’année dernière dans le pays. De son côté, le Premier ministre Boris Johnson s’est dit "choqué et attristé" sur Twitter et a invité à "travailler rapidement pour trouver toutes les réponses à cet horrible crime".

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Le kiosque qui est devenu le lieu de recueillement © JUSTIN TALLIS - AFP

Un kiosque à musique de Clapham est devenu le lieu de recueillement en mémoire de Sarah Everard. Des centaines de sympathisants, dont Kate Middleton, l’épouse du prince William s’y sont rendus ce samedi après-midi. Toutefois, les organisatrices de l’événement qui devait s’y tenir en soirée y ont renoncé, après le refus de la police en raison des règles sanitaires. Des centaines de sympathisants étaient présents à cette veillée non autorisée par la police. Des tensions ont éclaté avec les forces de l’ordre qui ont tenté de dissoudre le rassemblement. Une bagarre a éclaté entre la police et certaines personnes présentes, comme on peut le voir sur cette vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

La police a menotté certaines personnes présentes, il y a eu quatre arrestations pour violation des règles corona et de l’ordre public, selon la police. Des centaines de personnes se tenaient à proximité les unes des autres, créant un risque élevé de propagation du virus, a justifié la commissaire adjointe Helen Balld. "Nous avons demandé à plusieurs reprises aux personnes présentes de se conformer aux lois et de partir. Malheureusement, une petite minorité a commencé à crier sur les officiers, à pousser et à jeter des objets."

L’organisation à l’origine de la veillée, Reclaim These Streets, se dit triste et en colère face aux images de policiers "maltraitant physiquement des femmes, lors d’une veillée contre la violence masculine".

Il y a également eu des réactions désapprobatrices de la part de membres de la classe politique sur la façon dont la police a abordé le rassemblement. Le leader du parti travailliste (Labour) Keir Starmer a déclaré que ce n’était "pas une bonne méthode d’application de la loi". Le maire de Londres, Sadiq Khan (également du Labour) a qualifié ces scènes d'"inacceptables". La ministre de l’Intérieur Priti Patel, qui était la principale attraction de la veillée, a demandé un rapport complet sur les événements.

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