La nébuleuse Al Qaïda a causé des milliers de morts

Nébuleuse dont les ramifications atteignent tous les continents, Al Qaïda ("la base") a voué toute son énergie au jihad contre les Etats-Unis et leurs alliés. L'organisation a multiplié les attaques à travers le monde, directement ou, plus souvent, en inspirant des groupes islamistes qui sont passés à l'action en son nom, tels que Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).
Formé d'anciens moujahidines ayant combattu les Soviétiques en Afghanistan de 1979 à 1989, le noyau dur d'Al Qaïda était dirigé par Oussama Ben Laden. Il était devenu pour ses partisans l'inspirateur plutôt que l'organisateur des attentats. Son bras droit, l'Egyptien Ayman al-Zawahiri, en fuite, est considéré comme le numéro 2 et le cerveau du réseau.
Les débuts de la formation du réseau sont généralement situés vers 1988, un an avant le retrait soviétique d'Afghanistan. Mais il faut attendre quatre ans pour que les services de renseignement occidentaux commencent à faire le rapprochement entre l'organisation et des attaques contre les forces américaines en Arabie saoudite, au Yémen et en Somalie.
La première guerre du Golfe: un tournant pour Al Qaïda
La guerre du Golfe (1991) marque un tournant pour Oussama Ben Laden dans sa vindicte contre les Etats-Unis, en raison du déploiement massif de soldats américains dans la péninsule arabique, terre natale du prophète Mahomet et où se trouvent les principaux lieux saints de l'Islam.
En mai 1998, lors d'une conférence de presse dont des extraits ont été diffusés en août 2002, Oussama ben Laden déclare avoir formé un front "pour mener le jihad contre les croisés et les juifs" et tuer les Américains.
Oussama Ben Laden s'était réfugié dès 1996 en Afghanistan, base arrière d'Al Qaïda. Le terroriste, devenu "hôte d'honneur" des talibans, y avait installé ses camps d'entraînement par lesquels passaient tous les candidats au jihad.
Dans la longue liste des attentats attribués à Al Qaïda ou que le réseau a revendiqués, figurent notamment deux attentats contre des ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie (224 morts en 1998), celui de Bali (202 morts en 2002), les attentats de mars 2004 à Madrid (191 morts et près de 2000 blessés) et ceux de Londres en juillet 2005 (56 morts et 700 blessés). Sans compter les 3000 victimes qui ont péri dans les attentats coordonnés du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Des groupes actifs au Maghreb et au Yemen
Au Yémen, où la famille Ben Laden a ses racines, Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), est né de la fusion en janvier 2009 des branches saoudienne et yéménite du réseau extrémiste. En 2000, un attentat contre le destroyer USS Cole, au mouillage à Aden, dans le sud du pays, imputé au réseau, avait tué 17 marins américains.
Au Maghreb, en 2007, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, qui a fait allégeance à Oussama ben Laden, se renomme "Mouvement d'Al-Qaïda au pays (région) du Maghreb islamique" (Aqmi). Aqmi opère dans le Sahel sur une vaste zone partagée par l'Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Mali. Aqmi est responsable de l'enlèvement d'un groupe de sept personnes en septembre 2010, dont trois ont ensuite été libérées; ainsi que la mort de deux jeunes français enlevés au Niger en janvier 2011. Le groupe figure également parmi les suspects de l'attentat de Marrakech qui a causé la mort de 16 personnes le 28 avril dernier.

T.N. avec AFP
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