La "Nakba" ou la "catastrophe" de l'exode des Palestiniens en 1948

La "Nakba" ou la "catastrophe" de l'exode des Palestiniens en 1948
La "Nakba" ou la "catastrophe" de l'exode des Palestiniens en 1948 - © ABBAS MOMANI - AFP

La "Nakba ("catastrophe" en arabe) désigne pour les Palestiniens, qui la commémorent chaque année le 15 mai, la création de l'Etat d'Israël, il y a 70 ans et la tragédie des réfugiés. Plus de 760.000 Palestiniens se sont enfuis ou ont été chassés, et plus de 400 localités rasées par les forces israéliennes.

Traumatisme

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, le dirigeant du mouvement sioniste déclare l'indépendance d'Israël sur une partie de la Palestine mandataire au lendemain du départ des forces britanniques de ce territoire, entrainant l'invasion des forces militaires de plusieurs pays arabes.

Mais la première vague de départs de Palestiniens avait commencé dès le début des combats entre milices juives et palestiniennes fin 1947 après le vote par l'ONU du plan de partage de la Palestine.

Les dirigeants sionistes acceptent le plan, tandis que les pays arabes le refusent.

L'exode s'amplifie considérablement après le massacre commis en avril 1948 de plus d'une centaine de villageois palestiniens à Deir Yassine, près de Jérusalem, par deux groupes paramilitaires juifs.

A partir de mars 1948, les autorités sionistes lancent le "Plan Dalet", destiné à pousser les habitants palestiniens à évacuer les zones attribuées aux juifs dans le plan de partage.

Des centaines de milliers de Palestiniens vont fuir ou être chassés par les militaires notamment dans les localités de Lod et Ramla (centre) ainsi qu'à Tibériade en Galilée (nord).

Droit au retour

Dès décembre 1948, l'Assemblée générale de l'ONU adopte la résolution 194 sur le droit au retour des réfugiés. Elle stipule que "les réfugiés qui désirent rentrer dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins devraient y être autorisés le plus vite possible" et que "des dédommagements devraient être versés pour les propriétés de ceux qui ne veulent pas revenir".

Mais Israël rejette catégoriquement un tel droit, faisant valoir qu'autoriser même une fraction d'entre eux à revenir reviendrait à proclamer sa propre fin en tant qu'Etat juif.

De plus, l'Etat hébreu a adopté en 1950 une loi dite des "biens des absents", qui place sous la tutelle de l'Etat toutes les propriétés se trouvant sur le territoire israélien appartenant à des Arabes ayant fui ou installés à l'étranger lors de la création d'Israël.

Israël de son coté rappelle que plus de 850.000 juifs ont été chassés des pays arabes à la suite de la déclaration d'indépendance de mai 1948.

Plus de 12 millions de Palestiniens vivent à travers le monde, dont la moitié en Cisjordanie, à Jérusalem-Est occupés, dans la bande de Gaza et en Israël, selon des chiffres officiels palestiniens. Plus de 5,5 millions sont enregistrés comme réfugiés auprès de l'ONU, les descendants des Palestiniens réfugiés de 1948 ayant obtenu ce statut.

Une clé rouillée

Soixante-dix ans après l'exode, les Palestiniens entretiennent leur rêve du retour.

Le souvenir est aussi entretenu par solidarité par les Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens qui sont restés chez eux après 1948 et qui ont la nationalité israélienne.

La grosse clé rouillée d'une maison qui n'existe peut-être plus ou le titre chiffonné de propriété d'une terre sont devenus dans les camps de réfugiés le symbole de cette aspiration au retour entretenu de génération en génération. Et nombreux sont les réfugiés qui ont conservé précieusement cette clé.

Les manifestants palestiniens, qui commémorent tous les ans l'anniversaire de la Nakba, portent aussi une clé surdimensionnée, symbole traditionnel des maisons perdues et dans lesquelles ils espèrent revenir.

La Nakba, la "catastrophe", aussi commémorée à Arnoun, dans le sud Liban

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