La moitié des sites naturels classés par l'Unesco menacés par le trafic illégal

La moitié des sites naturels classés par l'Unesco menacés par le trafic illégal
La moitié des sites naturels classés par l'Unesco menacés par le trafic illégal - © ISHARA S. KODIKARA - AFP

Près de la moitié des quelques 200 sites naturels classés au Patrimoine mondial de l'Unesco sont victimes de braconnage ou d'exploitation forestière illégale. C'est que dénonce l'ONG WWF dans un rapport. Si ce commerce illégal se poursuit à ce rythme, les éléphants d'Afrique auront disparu dans une génération.

"Dans le monde il y a 229 sites qui sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO pour leur valeur et leur richesse naturelle. Cela représente 1% des zones naturelles protégées dans le monde, et 0,5% de la surface de notre planète, explique Gwendoline Viatour, du WWF." Mais cette surface réduite est extrêmement importante pour la nature, puisque c'est la qu'on trouve véritablement les espèces les plus riches de notre planète, et qui sont aujourd'hui en grand danger à cause du braconnage et du trafic illégal d'espèces sauvages qui menace un tiers de ces zones protégées."

Le fait d'être inscrites au patrimoine mondial implique en principe une protection effective sur le terrain, mais malheureusement ce n'est pas le cas, et la problématique du commerce illégal des espèces a pris une ampleur énorme. D'une valeur annuelle comprise entre 15 et 20 milliards de dollars, ce marché se classe au 4e rang mondial des commerces illicites, après la drogue, la contrefaçon et le trafic d'êtres humains. Quant au commerce illégal de bois d'œuvre (le bois destiné à tout emploi autre que le chauffage) il représente de 30 a 100 milliards de dollars par an.

"Il y a dans ce trafic des bandes organisées qui utilisent les espèces pour s'enrichir, poursuit Gwendoline Viatour, et pour pouvoir contrer ce commerce qui fait tant de mal à la biodiversité, il faudrait une action coordonnée à la fois dans les pays et les zones naturelles où ces espèces sont menacées, mais aussi dans les pays par lesquels transitent ces espères prélevées et les pays qui les consomment."

Les espèces les plus recherchées par les braconniers sont les tigres, les éléphants et les rhinocéros. Près d'un tiers des tigres à l'état sauvage et 40% de tous les éléphants d'Afrique vivent dans les sites de l'Unesco. Ces sites constituent parfois les derniers habitats pour les espèces menacées. C'est le cas pour le rhinocéros de Java en Indonésie, ou le marsouin de Californie.

"La majorité des espèces qui sont chassées illégalement le sont pour être consommées en Asie. On pense à l'ivoire des éléphants qui est utilisé pour fabriquer des objets ornementaux, mais aussi à la corne de rhinocéros, réputée pour ses soi-disant vertus curatives contre le cancer. Ce qui est scientifiquement infondé puisque la corne de rhinocéros c'est de la kératine comme les ongles et les cheveux, donc ce ne guérit pas le cancer ! Le tigre est aussi menacé, parce toutes les parties de son corps sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise. Ces animaux pourraient disparaitre à brève échéance de la surface du globe. On estime par exemple qu'il reste 400 000 éléphants. Entre 20 et 30 000 d'entre eux sont tués chaque année, ce qui veut dire qu'en l'espace d'une génération tous les éléphants d'Afrique pourraient disparaitre. "

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