La Maison Blanche a rétrogradé le statut diplomatique de l'Union européenne sans la prévenir

la Maison Blanche a rétrogradé le statut diplomatique de l'Union européenne sans la prévenir
la Maison Blanche a rétrogradé le statut diplomatique de l'Union européenne sans la prévenir - © BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Les Etats-Unis ont rétrogradé il y a quelques mois le statut diplomatique de l’Union européenne. Désormais la Maison Blanche considère que l’Union est une organisation internationale, au même titre que les Nations Unies ou l’OTAN par exemple. Une décision difficile à digérer pour l’institution supranationale. Difficile à digérer, d’autant plus que c’était une surprise et qu’elle est révélatrice du mépris qu’a Donald Trump pour l’Europe.

Si cette annonce est surprenante dans les formes, cela n’est pas surprenant sur le fond selon Eric Maurice, responsable au bureau de la Fondation Schuman à Bruxelles.

"Cette décision correspond à cette vision de Donald Trump et des membres les plus durs de son administration, de considérer l’Union européenne comme une simple association d’État et non pas comme un acteur politique. C’est d’ailleurs au cœur du projet du président américain vis-à-vis de l’Union :  voir les pays membres les uns à côté des autres pour tenter de les affaiblir, et voir l’Union européenne comme une entité flexible sans réel poids politique."

Ce qu’il faut savoir également c’est que l’Union européenne avait le statut d’État à part entière plutôt que d’organisation internationale. Un statut que lui avait donné l’administration Obama. Cette rétrogradation est donc significative. Significative aussi de l’unilatéralisme que prône Donald Trump. "En octobre, novembre, c’était non seulement la période des élections de mi-mandat aux États-Unis, mais c’était aussi une étape dans le dialogue commercial entre la Commission européenne et Washington.  Or cette étape n’a pas été franchie. Depuis le dialogue a repris et le point le plus dur en négociation c’est celui par rapport aux droits de douanes additionnels. Les Etats-Unis en ont imposé sur l’acier et l’aluminium européen. Ils menacent d’en imposer sur les voitures européennes. Et le but de Donald Trump depuis le début c’est de voir et d’identifier les faiblesses de l’Union européenne et d’essayer d’identifier les états membres qui auraient le plus à perdre ou le plus à gagner des discussions bilatérales directes avec lui. Son objectif avoué est de rétablir une sorte d’équilibre commercial entre les États-Unis et l’Europe et d’affaiblir l’Europe sur la scène commerciale et internationale" explique l’expert au micro d’Au bout du jour.

 

L’Europe ne l’aurait-elle pas cherché ?

L’Europe qui n’a jamais su savoir si elle était une identité politique ou une confédération d’états ne serait-elle pas en partie responsable de cette modification de statut ? Pas selon Eric Maurice, "Si l’Union européenne avait négocié avec l’administration Obama pour avoir ce statut d’État membre aux États-Unis, cela marquait une vraie volonté politique d’être représenté de cette manière-là. Les 28 pays membres avaient donc été d’accords d’être représentés de cette manière. Donc même si les états peuvent diverger sur la direction à prendre, sur les objectifs ou sur les moyens à donner à l’Union européenne, lorsqu’il est question de protéger ses fondements politiques et institutionnels, il y a une unité."  

 

 

 

 

 

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