La Macédoine renouvelle son Parlement et élit un nouveau président

Le Premier ministre Nikola Gruevski et le présidentGjorge Ivanov le 25 avril 2014 à Veles
Le Premier ministre Nikola Gruevski et le présidentGjorge Ivanov le 25 avril 2014 à Veles - © Robert Atanasovski

Les conservateurs macédoniens étaient bien placés pour consolider leur pouvoir au Parlement et imposer leur candidat à la tête de l’État, à l'issue d'élections dimanche dans ce pays des Balkans qui peine depuis des années à se rapprocher de l'UE.

Le parti conservateur (VMRO-DPMNE) du Premier ministre sortant Nikola Gruevski a convoqué des législatives anticipées un an avant la fin du mandat de quatre ans du Parlement, après une dispute avec son allié gouvernemental de l'Union démocratique des Albanais (DUI), portant sur le choix d'un candidat commun à la présidentielle.

Mais l'analyste Aleksandar Damovski estime qu'il s'agit d'une manœuvre afin de mieux asseoir leur pouvoir.

En dépit d'une économie vacillante, les conservateurs gardent la confiance de l'électorat. Ils sont crédités de près de 28% des intentions de vote contre près de 15% pour les socialistes du SDSM (opposition), et visent à obtenir la majorité soit 62 des 123 sièges du Parlement.

Parallèlement, dans la course à la présidence - fonction dotée de pouvoirs protocolaires - le chef de l’État sortant, le conservateur Gjorge Ivanov, dispose d'une solide avance face au candidat de l'opposition Stevo Pendarovski après le premier tour du 13 avril.

"Je demande à ceux qui remporteront ces scrutins de remplir leurs engagements électoraux et d'oeuvrer pour une Macédoine prospère", a dit après avoir voté, M. Ivanov.

"Les choses empirent. Nous avons besoin d'un changement", a dit après avoir voté Zana Teneva, 43 ans.

"Ça ne peut qu'aller mieux avec l'équipe qui est actuellement au pouvoir. Tous les pays de la région nous envient pour les progrès que notre pays a réalisés", a objecté Levce Trajkovski, un habitant de Skopje.

A 11H00 GMT, soit six heures après le début du vote, le taux de participation était de 30,93%, inférieur d'environ 4% à celui enregistré lors des précédentes législatives de 2011.

Les bureaux de vote fermeront à 19H00 GMT et les premiers résultats seront connus tard dans la nuit.

Le chômage frappe 28% de la population active

L'économie a été au centre de la campagne électorale au cours de laquelle le VMRO-DPMNE s'est engagé à améliorer la situation et à poursuivre les réformes, dans ce pays où le chômage frappe plus de 28% de ses deux millions d'habitants.

La Macédoine a enregistré une chute de 0,4% de son PIB en 2012 mais celui-ci a rebondi de 3,1% en 2013 grâce au secteur du bâtiment et aux exportations. Les autorités tablent sur une croissance de 3% en 2014.

Les négociations portant sur la dispute avec la Grèce sur le nom de l'ex-république yougoslave, indépendante depuis 1991 et candidate à l'adhésion à l'UE depuis 2005, restent le principal obstacle sur la voie de l'intégration dans l'UE et l'Otan.

La Grèce dénie à sa voisine le droit d'user du nom de Macédoine, porté par sa région nord et qu'elle juge historiquement grec, et propose une appellation comportant un déterminant géographique comme "Macédoine du Nord", mais refuse qu'elle ne s'applique qu'aux seules relations bilatérales, comme le souhaite Skopje.

Parmi les partis politiques des Albanais, qui représentent environ 25% de la population de la Macédoine, le DUI, partenaire au sein du pouvoir sortant, est favori du scrutin de dimanche, avec 7% des intentions de vote, selon les derniers sondages.

Leur principal adversaire, le Parti démocratique des Albanais (DPA) de Menduh Thaçi, s’efforcera, pour sa part, de capitaliser sur les divergences entre le DUI et les conservateurs du VMRO-DPMNE qui ont conduit à la convocation de ce scrutin anticipé.

Les relations entre Albanais et Macédoniens sont épisodiquement marquées par des tensions depuis un conflit de sept mois ayant opposé en 2001 les forces gouvernementales à la guérilla albanaise de Macédoine.


AFP

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