La loi martiale, dernier coup de bluff pour Donald Trump ?

Donald Trump entouré des cadets West Point durant un match d'équipes de l'armée au Michie Stadium le 12 décembre
Donald Trump entouré des cadets West Point durant un match d'équipes de l'armée au Michie Stadium le 12 décembre - © BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

A court d’arguments et de possibilités d’action, le président Donald Trump et sa garde rapprochée n’hésitent plus à avancer les idées les plus osées comme l’instauration de la loi martiale, ont rapporté plusieurs médias américains.

Cette option aurait été évoquée lors d’une réunion vendredi dernier, et a suscité de nombreuses critiques dans la classe politique, malgré une dénégation laconique de Donald Trump sur Twitter.

Ce dernier écrivait dans son style bref : "Loi martiale = Fake News".

Cette idée de confier le pouvoir exécutif et judiciaire à l’armée circule néanmoins depuis début décembre chez les plus fervents supporters du président sortant. Elle permettrait, selon ses partisans, de confier aux militaires l’organisation d’un nouveau scrutin présidentiel, puisque selon eux, celui du 3 novembre dernier était truqué. Ces dernières heures, plusieurs élus républicains locaux ont déjà encouragé Donald Trump à choisir cette voie. 

Une provocation de plus ?

Car malgré le vote lundi des grands électeurs, qui ont confirmé l’élection du démocrate Joe Biden, et l’échec des procédures judiciaires initiées par son camp pour dénoncer des irrégularités lors du scrutin, l’ancien promoteur immobilier refuse de lâcher prise. Mardi dernier, sa porte-parole, Kayleigh McEnany, a minimisé le vote des grands électeurs, qui n’est, selon elle, qu'"une étape dans le processus constitutionnel". Elle a rappelé que toutes les actions en justice n’étaient pas encore purgées. Mais est-ce à dire que la possibilité que le président américain utilise la loi martiale est vraiment sur la table ?

Michael Flynn, l’ancien conseiller de la Sécurité nationale de Donald Trump, qui a bénéficié de la grâce présidentielle il y a un mois dans l’affaire des prétendues collusions avec la Russie, avait été à l’origine de ce débat public détonnant. Il avait en effet clairement évoqué cette possibilité il y a une semaine, sur les plateaux de la chaîne ultra-conservatrice, et pro-Trump, Newsmax. "Les gens parlent de la loi martiale comme de quelque chose que nous n’avons jamais mis en œuvre, avait-il déclaré. La loi martiale a été mise en œuvre 64 fois." Michael Flynn serait aussi à l’origine de la discussion qui a eu lieu sur le sujet au cours de la réunion au sommet de vendredi dernier, à laquelle Donald Trump l’avait convié.

Brèches dans le cercle rapproché

La loi martiale n’a plus été utilisée par le gouvernement fédéral américain depuis la Seconde guerre mondiale, et selon une étude du centre de réflexion juridique "Brennan Center for Justice", publiée en août, Donald Trump ne pourrait pas la mettre en place seul : il aurait besoin de l’accord du Congrès pour l’instaurer. Une éventualité très hypothétique : "Cela n’arrivera pas", a déjà réagi dimanche le sénateur républicain Mitt Romney sur le plateau de la chaîne américaine CNN, pour qui "tout cela ne va nulle part".

Après avoir attendu plus d’un mois, quelques grandes figures du parti républicain, le chef de file au Sénat Mitch McConnell en tête, ont acté cette semaine la défaite de Donald Trump, même si une extrême réserve domine. A part Mitt Romney, aucun élu conservateur d’importance n’a ainsi condamné l’idée de recourir à la loi martiale. "Tout élu ou candidat républicain qui garde le silence sur ce sujet ne mérite pas de diriger", s’est indigné dimanche Pat Garofalo, élu républicain à la Chambre des représentants du Minnesota.

Ce projet semble tout de même étouffé dans l’œuf, sauf surprise. Selon le New York Times, la plupart des conseillers du président auraient eux aussi immédiatement balayé l’idée d’instaurer la loi martiale.

Ce n’est pas la seule brèche qui apparaît dans l’entourage proche de Donald Trump. Beaucoup parmi ses conseillers se seraient aussi opposés à une autre suggestion du président, celle de nommer l’avocate controversée Sidney Powell procureure spéciale en charge d’enquêter sur d’éventuelles irrégularités électorales.

Sydney Powell, l’autre idée choc

Cette ancienne procureure de 65 ans affirme, depuis des semaines, avoir mis au jour un complot international pour faire échec à Donald Trump, sans la moindre preuve. Après avoir collaboré avec l’équipe des avocats du président, elle en a été écartée.

Aurait aussi été évoquée vendredi la possibilité d’un décret présidentiel qui ordonnerait la saisie, pour examen, de machines de vote, instrument d’une fraude à grande échelle selon le camp Trump, qui n’a produit aucune preuve.

Journal télévisé 15/12/2020

Joe Biden a officiellement été désigné Président par les grands électeurs.

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