La Lituanie porte plainte contre Gazprom à l'échelon européen

RTBF
RTBF - © RTBF

La Lituanie a annoncé mardi avoir déposé à l'Union européenne une plainte contre le géant gazier russe Gazprom, qu'elle accuse d'abus de position dominante pour faire pression sur cet Etat balte.

"Le ministère lituanien de l'Energie a porté plainte auprès de la Commission européenne, en demandant une enquête sur l'abus par le fournisseur de gaz russe Gazprom de sa position dominante" sur le marché, selon un communiqué gouvernemental.

Vilnius a demandé à la Commission "d'exiger de Gazprom des livraisons de gaz naturel selon les règles transparentes, raisonnables et non discriminatoires".

La Lituanie et Gazprom sont en conflit à propos d'un projet de Vilnius de réformer son marché de l'énergie par la séparation des activités de production et de distribution de gaz, conformément à la législation européenne.

Gazprom est l'unique fournisseur de la Lituanie en gaz et possède par ailleurs 37,1% des parts du distributeur national Lietuvos Dujos. L'allemand E.ON Ruhrgas International possède 38,9% des parts, alors que l'Etat lituanien en détient 17,7%.

Aussi bien la société russe que l'allemande avaient demandé à la Lituanie de se soustraire aux règles de la séparation, ce que Vilnius a rejeté.

Le conflit s'est encore envenimé le mois dernier, quand Gazprom a annoncé qu'il pourrait offrir des réductions de tarifs à l'Estonie et à la Lettonie, mais pas à la Lituanie.

"La Lituanie fait l'objet de pressions de la part d'un monopole gazier d'un pays tiers, uniquement à cause de sa détermination à respecter les principes fondamentaux de l'UE", a déclaré mardi le ministre lituanien de l'Energie, Arvydas Sekmokas.

"Gazprom tente en fait d'éliminer la concurrence potentielle et de perturber la création d'un marché unique de gaz en Europe", a-t-il affirmé.

Ancienne république soviétique, la Lituanie, pays de 3,2 millions d'habitants, a regagné son indépendance de l'URSS en 1991 avant de rejoindre l'Union européenne en 2004.


Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK