La justice équatorienne demande à interpol l'arrestation de son ex-Président Rafael Correa, exilé en Belgique

La justice équatorienne a demandé à Interpol d'émettre une "notice rouge" afin de localiser et de procéder à l’arrestation provisoire de l'ancien président Rafael Correa. Celui-ci vit, actuellement, en exil en Belgique depuis 2017.

En avril dernier, Rafael Correa avait été condamné à huit ans de prison pour corruption. Une condamnation confirmée en septembre. Il a également été accusé d'avoir participé à l'enlèvement d'un opposant politique.

Rafael Correa et son avocat dénoncent une persécution de la justice équatorienne 

Contacté par téléphone, l’ancien président équatorien dénonce une persécution et des accusations non fondées orchestrée par l'actuel président Lenin Moreno, qui était son vice-président entre 2007 et 2013.

Il souligne aussi que ces manœuvres visent à l’assécher financièrement en le noyant sous des procédures juridiques très onéreuses et surtout à l’empêcher de briguer un poste de vice-président en février prochain dans son pays. Il en veut pour preuve la procédure accélérée, 17 jours seulement, pour confirmer sa condamnation d’avril en septembre alors qu’il venait mi-août d’annoncer vouloir briguer la vice-présidence de l'Équateur au sein d'une coalition de gauche

Son avocat, Christophe Marchand également joint par téléphone, nous fait remarquer qu’il s’agit de la 3ème notice rouge réclamée par la justice équatorienne à Interpol. A deux reprises déjà, Interpol a bloqué ces notices rouges estimant qu’il y avait, à chaque fois, instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Christophe Marchand est confiant, il pense qu’une fois encore, Interpol rejettera cette nouvelle notice rouge car la situation n’a pas changé.

Cette demande de la justice équatorienne fait suite, en effet, au rejet par le tribunal de la Cour suprême des recours en cassation déposés par les appelants. Elle a confirmé  en un temps record la sentence pour corruption, prononcée en avril contre l'ex-président (2007-2017) et 17 autres personnes, dont des ex-ministres et des chefs d'entreprise. Christophe Marchand, l’avocat de Rafael Correa ironise : "En 48 heures, le Tribunal de la Cour suprême avait rejeté des centaines de pages de recours en cassation." 

Un dossier à charge complètement fabriqué selon l'avocat de l'ex-Président équatorien

Quant au fond de l’affaire, la condamnation pour corruption, il parle tout simplement "de dossier complètement fabriqué". Il nous précise : "Les preuves ont été fabriquées, les ordinateurs ont été hackés. Un carnet de dépenses a été fabriqué postérieurement aux faits. Mieux encore, des témoins ont été achetés par la Justice."

Des avoirs gelés depuis sa condamnation

L’avocat de Rafael Correa compte saisir la justice internationale pour prouver que son client est victime d’un déni flagrant de Justice.

Entretemps, l’ex-président équatorien a vu tous ses comptes bancaires gelés. Le ministère des Finances a également suspendu le versement des 4200 dollars qu'il recevait mensuellement en tant qu'ancien président et auxquels il n'a plus droit en raison de sa condamnation pour corruption.

Rafael Correa vit en Belgique depuis 2017 et la fin de son dernier mandat alors qu'il ne faisait encore l'objet d'aucun procès. Marié à une Belge rencontrée lors de ses études à l’ UCL (Université catholique de Louvain ), il a qualifié sa condamnation de "gigantesque imposture procédurale".


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"Jamais de ma vie je n'ai reçu ni permis un pot-de-vin. Cette affaire est une gigantesque imposture procédurale qui ne résistera pas au temps", avait déjà déclaré Rafael Correa qui a dirigé l'Equateur entre 2007 et 2017.

Rafael Correa qui affirme être la cible de trente enquêtes en Equateur, est visé par un autre mandat d'arrêt pour l'enlèvement en Colombie d'un opposant équatorien en 2012, un crime pour lequel il ne peut être jugé par contumace.

 

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