La Hongrie refuse toute critique de l'UE sur sa constitution

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'exprimant devant le Parlement européen
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'exprimant devant le Parlement européen - © CHRISTOPHE KARABA - EPA

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a pris congé mardi de sa présidence de l'UE sur un ton menaçant en prévenant qu'il n'accepterait jamais les critiques de l'UE contre son pays et sa constitution controversée en particulier.

"Je défendrai toujours la Hongrie contre les remarques et critiques, de Bruxelles ou d'ailleurs", a déclaré Viktor Orban lors d'un discours devant le Parlement européen à Strasbourg, à l'occasion d'un bilan de sa présidence qui a pris fin le 30 juin.

"La Hongrie n'est pas subordonnée à Bruxelles, Bruxelles n'est pas le centre de commandement de la Hongrie", a-t-il ajouté quelques instants plus tard lors d'une conférence de presse.

"Aucun gouvernement, aucun pays n'a le droit de dire quelle doit être la constitution hongroise, c'est au peuple hongrois d'en décider", selon le chef de gouvernement conservateur. "Vous n'avez pas la possibilité de nous dire ce que nous devons dire", a-t-il soutenu.

Sur le fond, a-t-il relevé, "l'UE respecte l'identité constitutionnelle des Etats membres et leur identité nationale, ceci figure dans le traité fondateur de l'UE".

Le dernier discours devant les eurodéputés du Premier ministre hongrois, en tant que président sortant du Conseil européen, a une nouvelle fois été tumultueux : Viktor Orban s'est fait traiter de "dictateur" par le chef de file des élus Verts, Daniel Cohn-Bendit.

La présidence hongroise de l'Union européenne, au premier semestre 2011, a été marquée dès le début par la polémique sur sa loi controversée sur les médias, que Budapest a dû revoir sur la pression de Bruxelles, ainsi que sur sa nouvelle Constitution sévèrement critiquée au niveau international.

Budapest vient ainsi de rejeter en partie la position d'un organe du Conseil de l'Europe, la Commission de Venise, qui a rendu un avis juridique assez critique sur la nouvelle Constitution de la Hongrie, dont l'entrée en vigueur est prévue en 2012.

Le texte est dénoncé par l'opposition et plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme alors que plusieurs pays européens ont fait part de leurs inquiétudes.

Ses détracteurs considèrent que cette Constitution viole les libertés fondamentales et constitue essentiellement un moyen pour Viktor Orban d'asseoir son pouvoir.


Belga
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