La Hongrie embarrasse l'Europe avec sa révision constitutionnelle

Viviane Reding, vice présidente de la Commission européenne: "nous manquons de moyens"
Viviane Reding, vice présidente de la Commission européenne: "nous manquons de moyens" - © AFP/FREDERICK FLORIN

Les européens sont décidément bien embarrassés face à la Hongrie. Le gouvernement de centre droit a lancé une 4ème révision de la constitution hongroise et certaines de ses mesures provoquent la polémique.

Elles seraient contraires aux valeurs de l'union européenne et à l'état de droit.

Ce matin, le parlement européen en a débattu, et une partie des députés ne digère toujours pas les changements constitutionnels hongrois: criminalisation des sans abri, définition très limitée de la famille, mais aussi rôle moins important pour la cour constitutionnelle, pour ne citer que quelques exemples.

Ne pas crisper la population hongroise

Ces amendements ne sont peut être pas très heureux, reconnaît Frank Engel, démocrate chrétien, membre du même parti que le Premier ministre hongrois. Mais il n'y a rien d'illégal et attention de ne pas crisper la population hongroise. "Actuellement, il y a un risque avec tout notre acharnement sur la Hongrie, que les Hongrois acquièrent l'impression que l'Europe n'est pas vraiment de leur côté", explique-t-il.

Il y a un article dans le traité qui sanctionne ce genre de mesures, mais les Etats n'ont jamais osé appliquer cet article 7. Sa procédure est très lourde. Guy Verhofstadt ne comprend pas les divisions du Parlement à ce sujet. Le libéral répond à certains qui se demandent si la Hongrie représente un vrai risque: "N'importe qui d'un peu normal, intelligent et rationnel, ne peut que répondre oui à cette question, au-delà de nos opinions politiques divergentes".

De son côté la Commission explique agir comme elle le peut. Elle a attaqué et attaquera encore en Justice les points de droit litigieux et exige que la Hongrie respecte les décisions de Justice mais au-delà reconnaît Viviane Reding chargée du dossier, il y a un manque de moyens. "L'Union a besoin d'un meilleur éventail d'outils qui se situeraient entre d'une part cet article 7, qui est un peu la bombe atomique, et d'autre part, l'instrument dont dispose la Commission, des procédures concernant des points de droit, précis", explique-t-elle.

Plusieurs Etats ont demandé eux aussi de nouvelles procédures, les 27 en discuteront dans les prochaines semaines.

A. Blanpain

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