La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme dénonce la répression en Biélorussie

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme dénonce la répression en Biélorussie
La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme dénonce la répression en Biélorussie - © FABRICE COFFRINI - AFP

La Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a condamné mercredi la répression des manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle de dimanche au Bélarus, et réclamé la libération des personnes arrêtées. 

"Les gens ont le droit de s’exprimer et d’exprimer leur désaccord, a fortiori dans le contexte d’élections, quand les libertés démocratiques devraient être maintenues, et non supprimées", a déclaré Mme Bachelet dans un communiqué.

"L’usage de la force au cours de manifestations devrait toujours être exceptionnel et être une mesure de dernier recours, en faisant une nette distinction entre des individus violents et des manifestants pacifiques, à l’encontre desquels la force ne devrait pas être utilisée", a-t-elle ajouté.

Violation évidente des critères internationaux en matière de droits de l’homme

Mercredi, la police biélorusse a annoncé avoir procédé à un millier de nouvelles arrestations dans la nuit et fait usage de balles réelles la veille, au troisième jour d’une contestation post-électorale violemment réprimée.

Mme Bachelet a dénoncé les "arrestations massives en violation évidente des critères internationaux en matière de droits de l’homme", et jugé préoccupantes "les informations sur de mauvais traitements au cours et après les arrestations", rappelant aux autorités biélorusses que la torture et les mauvais traitements des détenus sont absolument interdits.

Elle a également appelé à la libération immédiate des personnes arrêtées d’une manière arbitraire. "Ceux qui ont été arrêtés d’une manière arbitraire ou ont subi des mauvais traitements pour avoir pacifiquement exprimé leur désaccord ont droit à la justice et à des réparations", a-t-elle poursuivi.

En outre, "les autorités devraient écouter et répondre aux réclamations" des électeurs concernant les élections, selon Mme Bachelet.

Inquiétude autour de la censure de l’information

Elle a aussi exprimé son inquiétude concernant les coupures intermittentes d’internet depuis dimanche, et le blocage de nombreux réseaux sociaux, estimant que ces perturbations constituaient de sérieuses entraves à la liberté d’expression.

La police antiémeutes a ciblé les photographes de presse, brisant des caméras et retirant les cartes mémoire des appareils.

"La libre circulation de l’information est cruciale pour toute société démocratique, notamment dans un contexte de crise et d’insurrection sociale", a estimé la Haut-Commissaire de l’Onu. "Et encore plus dans le contexte actuel de la pandémie de Covid-19, lorsque les gens peuvent se sentir obligés d’exprimer pacifiquement leur désaccord en ligne plutôt que dans les rues. Le droit à protester pacifiquement en ligne doit aussi être protégé", a-t-elle rappelé.

Les manifestations de protestation ont commencé lorsque les autorités ont affirmé qu’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, avait été réélu dimanche avec 80% des voix.

Des manifestations ont éclaté dans le pays depuis l'annonce des résultats des élections (JT du 11/08/2020)

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