La Grèce sauvée ? Il reste de nombreuses questions...

Euro zone
Euro zone - © PHILIPPE HUGUEN (AFP)

Comme prévu, les Européens ont accepté de libérer l'aide de 130 milliards d'euros qui est censée permettre à la Grèce de respirer un peu. Cela n'a pas été sans mal, il aura fallu une nuit de tractations aux Etats membres de la zone euro. Et il reste de nombreuses questions.

La Grèce évite à court terme la faillite. Le plan de sauvetage, conclu cette nuit, comprend à la fois une aide publique et un plan d'effacement partiel de la dette.

Dans le cadre de ce second plan d'aide, la Grèce obtient une aide publique de 130 milliards d'euros. Parallèlement, Athènes  bénéficie d'un effort plus important que prévu du secteur privé. Il s'agit d'une décote de 53% sur la dette grecque, ce qui devrait permettre de réduire la dette de 100 milliards d'euros environ.

Ce plan d'aide permettra de réduire l'endettement grec de 160% (aujourd'hui à 120,5%) d'ici à 2020, un niveau d'endettement proche de celui de l'Allemagne ou des Pays-Bas. 

Le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Mario Draghi, a salué l'accord. Pour le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, l'aide à la Grèce doit "garantir" son maintien dans la zone euro. De son côté, la directrice du FMI, Christine Lagarde, a souligné que le conseil d'administration du FMI examinerait ce plan d'aide début mars.

Les marchés réagissent froidement ce mardi à cet accord. Il faut dire qu'il reste de nombreuses questions.

Les créanciers privés de la Grèce ont donc accepté de faire un effort supplémentaire, en plus de ce qu'ils avaient déjà décidés : laisser tomber la moitié de ce que leur doit Athènes. Mais ce petit effort supplémentaire doit encore se négocier.

Autre point à éclaircir : le Fond monétaire international doit participer à ce programme d'aide. Jusqu'ici le FMI assurait un tiers de la somme globale. Ces derniers jours, certaines infos en provenance de Washington affirmaient que le FMI n'apporterait pas plus de 10% des 130 milliards. Ce qu'a confirmé ce mardi le ministre allemand des Finances. "Le FMI a fait état d'une somme possible de 13 milliards d'euros ainsi que des 10 milliards restant du premier programme", a dit Wolfgang Schäuble. "Nous avons indiqué que nous attendions une contribution significative de la part du FMI" au plan de secours pour la Grèce, a ajouté le ministre.

Et puis il reste tout le travail grec. Les européens sont méfiants, ils demandent des preuves à Athènes : certaines mesures d'austérité annoncées par le gouvernement devront être appliquées sur le terrain avant le déblocage des fonds européens. Et il devra faire accepter à ses citoyens une mise sous surveillance renforcée du pays par les experts européens et internationaux.

Autre inquiétude : la crise économique en Grèce est pire que prévu, la récession plus profonde. Or si la croissance n'est pas au rendez vous comment relancer le pays et empêcher la dette de noyer les finances publiques ? Mais la diminution de la dette est une condition indispensable pour que les partenaires d'Athènes continuent à aider la Grèce.

 

Nicolas Willems
 

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