La Grande Dépression de 1929, le traumatisme économique du 20ème siècle

Des hommes sans emploi font la queue devant une soupe populaire pour la dépression ouverte à Chicago par Al Capone, février 1931
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Des hommes sans emploi font la queue devant une soupe populaire pour la dépression ouverte à Chicago par Al Capone, février 1931 - © Tous droits réservés

La crise du Coronavirus pourrait engendrer au niveau mondial "les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression" de 1929, c’est le sombre pronostic posé ce jeudi par la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva.

Le plus grand traumatisme économique

Dans les années 30, la Grande dépression avait provoqué une crise économique et financière internationale, entraînant faillites et chômage de masse à travers l’ensemble des pays industrialisés pendant 10 longues années. Une dépression économique sans précédent qui avait débuté le 24 octobre 1929, un jour qui entrera dans les livres d’histoire sous le nom de "jeudi noir".

Le Krach de Wall Street

Le 24 octobre 1929, à la Bourse de New York, 13 millions d’actions sont jetées sur le marché. Faute d’acheteurs, les cours s’effondrent. Au total, entre sept et neuf milliards de dollars de l’époque s’évanouissent en une seule journée. Des milliers d’investisseurs se retrouvent ruinés. La panique se généralise. La Bourse s’effondre de 30% en octobre et de 50% en novembre.

Cet effondrement des marchés boursiers fait notamment suite à l’explosion d’une bulle spéculative qui a poussé des millions d’Américains à acheter des actions par le biais de fonds d’investissement qui se sont écroulés les uns après les autres.

Le "Jeudi noir", qui sonne le glas de cette période spéculative, se répercute sur toutes les places financières à commencer par Londres. La conflagration touche de plein fouet l’Europe, les banques américaines réclamant le remboursement immédiat des prêts consentis pour la reconstruction d’après-guerre.

Récession et chômage de masse

Ce qui n’est à l’origine qu’un accident boursier se transforme rapidement en une crise internationale d’une formidable intensité, la plus grave qu’ait connue l’économie capitaliste.

Au printemps 1930, la récession s’installe aux Etats-Unis, entraînant chute de la production, faillites et chômage massif. Cette année-là, 35.000 personnes participent à une manifestation de la faim dans les rues de New York.

La production industrielle baisse de moitié de 1929 à 1932 et le taux de chômage bondit de 3,1% à 24%. En mars 1933, la moitié de la population active du pays est sans-emploi, soit quinze millions de personnes.

Dans les campagnes la situation se dégrade, notamment à cause de la sécheresse et du "Dust Bowl", une série de tempêtes de poussière qui provoque une catastrophe écologique et agricole. Pour fuir la misère, de nombreux Américains sillonnent les Etats en quête de petits boulots et bonnes combines. On les appelle : les vagabonds, les "hobos" en anglais. Le musicien, Woody Gutherie, figure emblématique de ces travailleurs itinérants, devient un porte-parole des sentiments ouvriers de l’époque. Dans sa chanson "I Ain’t got no home anymore" ("Je n’ai plus de maison"), il dépeint les difficultés de la vie durant la Grande dépression.

L’Europe frappée de plein fouet

La Grande Dépression frappera l’ensemble des économies occidentales. En France, le nombre de chômeurs passera de 12.000 fin 1930 à près de 175.000 six ans plus tard.

Cette crise économique aura également des répercussions politiques avec notamment l’élection en 1933 d’Adolf Hitler en Allemagne, dont la politique expansionniste et nationaliste sera à l’origine du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Le New Deal

En 1933, le nouveau président démocrate Franklin D. Roosevelt propose un "New Deal", une "Nouvelle Donne" des richesses nationales, destiné à lutter contre l’effondrement du revenu des fermiers, la chute des prix et de la production industrielle, et le chômage.

Le plan a un double objectif : d’abord remédier à la crise en relançant la consommation et l’investissement, puis, à plus long terme, réformer le système économique américain.

Le Congrès vote entre mars et juin 1933 une série de lois qui éloignent les Etats-Unis du libéralisme et les font entrer dans l’interventionnisme étatique.

Les politiques de relance par la demande, préconisées par l’économiste britannique John Maynard Keynes, portent leurs fruits et le "New Deal" relance l’économie américaine à partir de 1935. Mais en 1939, il y a encore 9 millions de chômeurs dans le pays.

Il faudra attendre la fin du second conflit mondial, en 1945, pour que l’économie internationale retrouve le chemin d’une croissance durable.

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