La France en deuil: hommage national aux 13 soldats morts au Mali

Les cercueils des 13 soldats français tués au Mali la semaine dernière ont pénétré lundi, recouverts du drapeau tricolore, dans la cour des Invalides à Paris, pour un hommage national, présidée par Emmanuel Macron. Les soldats défunts ont été portés par leurs camarades dans l'enceinte qui accueille depuis le XVIIe siècle vétérans et blessés de guerre, avant d'être disposés sur les pavés de la cour.

"Je m'incline devant leur sacrifice", "ils sont morts pour nous tous", a déclaré solennellement Emmanuel Macron lundi, lors de la cérémonie aux Invalides en l'honneur des 13 soldats morts au Mali la semaine dernière.

"Ils sont morts en opération, pour la France, pour la protection des peuples du Sahel, pour la sécurité de leurs compatriotes et pour la liberté du monde, pour nous tous qui sommes là", a ajouté le chef de l'Etat, face aux 13 cercueils dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides, qui accueille depuis le XVIIe siècle vétérans et blessés de guerre.

"Leur engagement profond, modeste et discret n'est rendu public que par le sacrifice ultime, loin du fracas des mots inutiles", a-t-il dit en rendant hommage aux soldats tués dans la collision de deux hélicoptères lors d'une opération de combat, dans le nord-est du Mali, et dont les corps ont été rapatriés dimanche.

Un par un, devant 2.500 invités dont son homologue malien Ibrahim Boubacar Keita, le président de la République a décrit en quelques mots l'engagement de chaque soldat et les familles qu'ils laissent derrière eux. Il s'est aussi attaché à raconter la nuit de leur décès.


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Des officiers et sous-officiers

Les deux hélicoptères transportant les 13 militaires sont entrés en collision alors qu'ils appuyaient des commandos parachutistes qui avaient repéré des pick-up suspects dans la zone frontalière avec le Niger et le Burkina Faso, une région servant de repaire à des groupes jihadistes affiliés à l’État islamique (EI) ou Al-Qaïda. Aucun des occupants n'a survécu.

Les 13 soldats tués, tous officiers et sous-officiers, servaient au 5e régiment d'hélicoptères de combat (5e RHC), au 4e régiment de chasseurs (4e RCH), au 93e régiment d'artillerie de montagne (93e RAM) et à la Légion étrangère.

Ce lourd bilan humain a fait l'effet d'un électrochoc en France, dont l'armée n'avait pas subi de telles pertes depuis l'attentat contre le QG français Drakkar à Beyrouth en 1983, qui avait fait 58 morts. Leur mort a également relancé les questions autour de l'engagement français au Sahel, où la situation sécuritaire ne cesse de s'aggraver, même si seule le parti de gauche radicale La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon réclame ouvertement le retour des troupes.

L'opération française Barkhane mobilise 4500 hommes dans la bande sahélo-saharienne, une étendue vaste comme l'Europe, pour lutter contre les groupes armés. Mais, après six ans de présence ininterrompue, et 41 morts côté français, l'horizon est de plus en plus plombé. Les violences djihadistes persistent dans le nord du Mali et se sont propagées au centre du pays ainsi qu'au Burkina et au Niger voisins. Les pertes sont de plus en plus lourdes pour les armées locales, débordées.

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