La fonte de la calotte glaciaire du Groenland plus importante que prévu à l’horizon 2100 selon l’ULiège

Une nouvelle étude dirigée par des chercheurs du Laboratoire de Climatologie de l’ULiège prévoit une fonte de la calotte du Groenland 60% plus importante que ce qui était prévu initialement.

Le modèle MAR, développé également par l’ULiège avait été le premier à démontrer que la calotte du Groenland allait fondre davantage avec un réchauffement de l’Arctique en été.

"Le modèle MAR suggérait, en 2100, une contribution de la fonte en surface de la calotte du Groenland à une hausse des océans d’une dizaine de centimètres dans le pire des scénarios", explique Stefan Hofer, chercheur au Laboratoire de climatologie de l’ULiège, actuellement en post-doctorat à l’Université d’Oslo, "nos nouvelles projections suggèrent maintenant une hausse de 18 cm". Et comme les nouveaux scénarios du GIEC sont basés sur des modèles dont la physique a été améliorée – notamment en intégrant une meilleure représentation des nuages – et dont la résolution spatiale a été augmentée, ces nouvelles projections devraient en théorie être plus robustes et fiables.


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La calotte glaciaire du Groenland, la seconde en terme de taille après celle de l’Antarctique, couvre une superficie de 1,7 million de km2. Sa fonte totale pourrait entraîner une augmentation importante du niveau des océans, pouvant atteindre les 7 mètres. Si nous n’en sommes pas là, les précédents scénarios doivent à l’évidence être revus à la hausse.

Par ailleurs, en se basant sur le projet Katabata, lancé en septembre dernier également par l’ULiège, un affinement des modèles, et notamment celui de la modélisation des vents dans le modèle climatique MAR peut apporter également sa pierre à l’édifice. "Sachant que le vent influence la fonte de la calotte, il est important de disposer de modèles le plus fiables possible", note de son côté Xavier Fettweis, chercheur qualifié au FNRS et directeur du Laboratoire de climatologie de l’ULiège.

"En 2013, on avait déjà fait tourner notre modèle de climat pour le précédent rapport du GIEC. Ici, on a fait tourner le modèle mis à jour pour le nouveau rapport du GIEC. C'est un modèle climatique qui est plus fiable. Et pour une même concentration de gaz à effet de serre dans le futur, le modèle montre que la fonte va augmenter de 60% par rapport à ce que le même modème prévoyait en 2013. Le modèle représente mieux la glace de mer, les nuages et tous ces processus font que le réchauffement climatique s'emballe plus dans les nouveaux modèles que précédemment. La conséquence, pour un scénario où on laisse tout aller, ce serait une augmentation du niveau des mers de 18 centimètres nouveau scénario versus 10 centimètres précédent scénario.

Evidemment, on ne sait pas quelle sera la trajectoire des concentrations de gaz à effet de serre vers laquelle on va aller. Est-ce qu'on va aller vers les accords de Paris ? Ou est-ce qu'on va aller sur un scénario mitoyen ? Ou est-ce qu'on va tout laisser aller ? En fonction de ça, il y a de grosses différences au niveau des projections futures. C'est la plus grosse inconnue qu'on a. Le scénario le plus favorable, les accords de Paris, là on est à 4-5 centimètres. Là, la fonte du Groenland n'est pas irréversible. Si on revient vers un climat qui sera normal, la calotte va se reconstruire. Un climat normal, c'est un climat comme on avait il y a cent ans. 

Pour ça, il ne faut pas arrêter l'économie, il faut diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. A court terme, le nucléaire est une solution. c'est mon avis personnel en tout cas. Il y a des technologies qui permettent d'aller rechercher le CO2 dans l'athmosphère." Xavier Fettweiss a récemment travaillé sur un projet d'éoliennes au Groenland. L'électricité produite servirait à récupérer le CO2 et à le combiner à de l'eau pour produire du gaz de ville : "Il y a d'autres énergies que le pétrole."

Le prochain rapport du GIEC, attendu en 2022 intégrera les résultats de ces études, celle-ci faisant l’objet d’une publication dans Nature Communications.

Groenland : les glaciers fondent à vue d oeil (archives JT du 16/11/2019)

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