La dernière brigade de combat américaine a quitté l'Irak

Ce départ survient en pleine crise politique en Irak, où les principaux partis n'arrivent pas à former un nouveau gouvernement cinq mois après les législatives, et au moment où les violences continuent d'ensanglanter le pays avec un attentat contre l'armée mardi qui a fait 59 morts à Bagdad.

"Les derniers éléments ont traversé la frontière (koweïtienne) à 06h00 (03h00 GMT). C'est la dernière brigade de combat, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a plus de troupes de combat en Irak", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée américaine, le lieutenant-colonel Eric Bloom.

Il s'agit de la 4e Brigade Stryker de la deuxième division d'infanterie, basée à Abou Ghraïb, un endroit dangereux à l'ouest de Bagdad.

"Il faut encore quelques jours pour expédier les équipements et ensuite les derniers soldats (de la base) partiront", a-t-il dit.

Il a fallu deux jours de route aux 360 véhicules militaires et à 1200 soldats pour aller au Koweït. Les quelque 4000 autres soldats de la brigade sont partis par avion.

Un redéploiement des forces

Désormais, il reste 56.000 soldats américains en Irak qu'ils avaient envahi en 2003 pour renverser Saddam Hussein, exécuté en 2006.

Les 6000 hommes de combat restants doivent avoir quitté l'Irak d'ici le 1er septembre, a dit la porte-parole de l'armée Sarah Baumgardner à Bagdad.

Selon le New York Times, le département d'Etat devrait doubler le nombre d'employés de sociétés privées de sécurité en Irak pour le faire passer à 7000, un ordre de grandeur confirmé par le département d'Etat. Ce personnel aura pour mission d'assurer la protection de cinq camps fortifiés, dont la sécurité échoyait auparavant aux troupes de combat.

Il est prévu de laisser en Irak 50.000 soldats pour entraîner et conseiller les forces irakiennes dans le cadre de l'"Opération Aube Nouvelle", nouveau nom de la mission américaine.

"Nous ne mettons pas fin à notre engagement en Irak. Nous allons avoir un important travail à faire. C'est une transition vers quelque chose de différent. Nous sommes engagés à long terme en Irak", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley.

"Les forces de sécurité irakiennes sont suffisamment prêtes pour faire face à la menace", a réagi le porte-parole du gouvernement irakien Ali al-Dabbagh. "Nous devions choisir entre avoir une présence militaire étrangère à long terme sur notre sol ou faire le travail nous-mêmes. Nous avons choisi de faire le travail avec nos propres forces".

Trop tôt ?

Pourtant le chef d'état-major irakien, le général Babaker Zebari, a averti le 11 août que le retrait total américain était prématuré, estimant que ses forces ne seraient pas en mesure d'assurer pleinement la sécurité avant 2020.

Ce sentiment est partagé par une partie de la population qui craint le retour du désordre. "Les Américains auraient dû attendre que l'armée et la police irakiennes soient une force véritablement loyale", a dit Ali Khalaf, un ingénieur de 30 ans.

Pour Mouna Jassem Ali, une enseignante de 31 ans, les forces irakiennes ne sont pas "prêtes. La preuve en est que des attentats ont lieu là où il y a un nombre important de troupes irakiennes".

La présence militaire américaine en Irak a atteint son pic en octobre 2007, lorsque plus de 170.000 GI's étaient sur le terrain à la suite de l'envoi de renforts décrété par le président George W. Bush.

L'invasion, en mars 2003, s'était faite avec environ 130.000 hommes, un chiffre que le secrétaire à la Défense de l'époque, Donald Rumsfeld, se faisait fort de ramener promptement à moins de 50.000.

Le contingent américain est passé à moins de 110.000 hommes au début de 2004, mais la dégradation de la situation a amené les généraux sur place à réclamer des renforts. A son arrivée au pouvoir au début de 2009, Barack Obama a entrepris de réduire la présence américaine en Irak tout en renforçant les troupes présentes en Afghanistan.


AFP

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