La demande russe de condamnation des frappes en Syrie échoue au Conseil de sécurité de l'ONU

Drapeau des Nations Unies.
Drapeau des Nations Unies. - © BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

La Russie a échoué samedi à faire adopter par le Conseil de sécurité une résolution condamnant les frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie, ne recueillant pas les 9 voix nécessaires à son approbation.

La Russie, la Bolivie et la Chine ont voté pour le texte, huit pays ont voté contre et quatre se sont abstenus.

"Vos agressions aggravent la situation humanitaire" en Syrie, a dénoncé l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia. "Vous n'êtes pas sortis du néo-colonialisme", a-t-il aussi dit, en estimant que Washington, Londres et Paris avaient "foulé au pied la charte de l'ONU".

La France a annoncé le dépôt prochain d'une nouvelle résolution à l'ONU pour sortir "de l'impasse syrienne". "Nous présenterons dans les meilleurs délais un projet de résolution avec nos partenaires britanniques et américains", a déclaré l'ambassadeur français, François Delattre.

Selon une source diplomatique française, la France compte avec son projet pousser pour la création d'un mécanisme d'enquête sur le recours aux armes chimiques, favoriser un accès humanitaire sans limite et obtenir une nouvelle dynamique du processus de paix engagé à Genève.

Condamner les frappes

Le projet russe, de cinq paragraphes et qui avait peu de chances de recueillir les neuf voix nécessaires à son adoption, fait part d'une "grande inquiétude" face à "l'agression" contre un État souverain. Elle viole, selon Moscou, "le droit international et la Charte des Nations unies".

Le projet de résolution russe dénonce la survenance des frappes occidentales tôt samedi alors qu'une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se trouve en Syrie pour réunir des éléments sur les attaques chimiques présumées du 7 avril à Douma. Le nouveau texte russe demande aussi l'arrêt "sans délai" de "l'agression" contre la Syrie.

Suite aux frappes aériennes orchestrées par la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis en Syrie, un Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies se tient ce samedi depuis 15 heures (GMT). Cette réunion a été demandée par la Russie, alliée de la Syrie. 

Au total, les aviations des trois pays ont tiré quelque 120 missiles dans le but de détruire les capacités du régime syrien à produire et utiliser des armes chimiques comme ce fut possiblement le cas à Douma début avril. 

États-Unis prêts à dégainer à nouveau

Les États-Unis ont déjà annoncé qu'il n'y aurait pas de nouvelles frappes tant que le régime syrien s'abstient de recourir à des armes chimiques. En réponse, les Etats-Unis ont indiqué être "prêts à dégainer" à nouveau en cas de nouvelle attaque chimique en Syrie.

L'ambassadrice américaine, Nikki Haley, a réaffirmé que les Etats-Unis étaient dans leur droit pour mener des attaques aériennes en Syrie.

En début de réunion, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé les membres du Conseil de sécurité à "agir en accord avec la Charte des Nations unies et dans le cadre du droit international" lorsqu'il est question de "paix et sécurité"

La Russie face au conseil de sécurité de l'ONU

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