La Croatie va rejoindre les pays les plus pauvres de l'Union européenne

Petit Etat de 4,2 millions d’habitants, la Croatie est un pays des Balkans. Une des républiques de la Fédération yougoslave depuis 1945, elle proclame son indépendance en 1991, ce qui déclenche une guerre avec les Serbes de Croatie, soutenus par Belgrade. 20 000 personnes perdront la vie en quatre ans de conflit.

La Croatie demande son adhésion à l’Union en 2003. Les négociations démarrent réellement en 2005 pour s’achever en 2011.

Symboliquement, dimanche à minuit (22H00 GMT), les inscriptions "douanes" seront enlevées d'un poste-frontière avec la Slovénie, la seule autre ex-république yougoslave qui a rejoint l'UE, en 2004.

L'enseigne "UE" sera quandt à elle installée à la frontière avec la Serbie, une autre ex-république yougoslave qui espère prochainement ouvrir ses négociations d'adhésion à l'UE.

Selon un récent sondage, un Croate sur sept seulement, souhaite des concerts et des feux d'artifices pour célébrer l'adhésion à l'UE

Pays pauvre

Les indices macroéconomiques de la Croatie sont inquiétants et le pays sera parmi les plus pauvres de l'UE qui, elle-même est confrontée à une récession dans neuf de ses pays membres ainsi qu'à une crise de la dette dans la zone euro.

Le PIB est de 39% en dessous de la moyenne européenne, seule la Roumanie et la Bulgarie sont derrière la Croatie, selon l'office des statistiques de l'UE.

L'économie est en récession depuis 2009 dans ce pays où le taux de chômage est de 21%.

Durant les négociations d'adhésion, la Croatie a également été obligée de présenter à Bruxelles un plan de restructuration de ses chantiers navals, ce qui aura également pour conséquence le licenciement de nombreux salariés dans ce secteur qui emploie environ 10 000 personnes et qui subsistait également grâce aux aides du gouvernement.

Des aides

En contrepartie de ces sacrifices, la Croatie a déjà pu bénéficier d’aides. Et Zagreb espère que l'adhésion va attirer des investisseurs et compte sur une aide européenne estimée à 11,7 milliards d'euros d'ici à 2020 pour redresser l'économie.

Lutte contre la corruption

Pour pouvoir accéder à l’Union, le pays a dû lutter contre la corruption qui la gangrenait.

Zagreb a condamné l'ex-Premier ministre, Ivo Sanader (2003-2009), en novembre 2012 à dix ans de prison pour corruption, mais nombre de Croates estiment que le fléau est loin d'être éradiqué.

Frontières

Frontalière de la Bosnie, la Serbie et le Montenegro, la Croatie aura pour mission de protéger plus de 1300 km de frontières terrestres une fois entrée dans l’UE.

Pour répondre à ce défi, la Croatie a dépensé des dizaines de millions d'euros pour acquérir des équipements performants afin de surveiller les frontières de ce pays qui se trouve sur la "route des Balkans" des trafics de drogues, d'armes et d'êtres humains vers l'Europe occidentale.

La police des frontières a été équipée, entre-autre, de jumelles et caméras de vision nocturne et thermique tout comme de détecteurs de stupéfiants et d'explosifs, a précisé le ministère de l'Intérieur.

La Croatie, ancienne république yougoslave indépendante depuis 1991, aspire à rejoindre les 26 pays membres du groupe Schengen (22 des 27 membres de l'UE plus la Norvège, la Suisse, Islande et le Liechtenstein) d'ici à la fin 2015.

L'année dernière, environ 6500 clandestins Afghans, Albanais, Algériens, Kosovars, Somaliens, Syriens et Turcs ont été interpellés en Croatie.

Selon l'agence Frontex, chargée de la gestion des frontières extérieures de l'Union européenne, dans la région des Balkans, 35 000 personnes ont tenté de se rendre illégalement vers l'UE en 2012, soit une hausse de 33% par rapport à 2011.

En ce qui concerne les stupéfiants, la Croatie a saisi 600 kg de drogue à ses frontières mais fait face à une augmentation du trafic en provenance de l'UE de voitures volées.

J.C., avec AFP

   

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