La crise irakienne devient une affaire d'Etat pour la Turquie

La crise irakienne devient une affaire d'Etat pour la Turquie
La crise irakienne devient une affaire d'Etat pour la Turquie - © SAFIN HAMED - BELGAIMAGE

Les Etats-Unis veulent l'offensive massive des djihadistes en Irak mais ils ne savent pas comment. Barak Obama se donne quelques jours de plus pour prendre une décision sur la façon d'aider l'état irakien, qui perd le contrôle de son territoire. Les Etats-Unis sont donc dans le doute, 11 ans après leur intervention très critiquée en Irak, pour faire chuter le régime de Sadam Hussein. Et ils ne sont pas les seuls, la Turquie, voisine de l'Irak, est aussi dans une situation compliqué, 80 ressortissants turcs sont pris en otage à Mossoul, la deuxième ville irakienne.

Pour l’instant, la Turquie perçoit surtout la crise irakienne par le prisme de la prise d’otages de Mossoul, devenue une affaire d’Etat parce que la Turquie est prise au piège de ses liaisons dangereuses avec les groupes djihadistes syriens qu’elle a longtemps soutenus, protégés, équipés pour précipiter la chute du régime de Bachar al-Assad. Or, Ankara vient tout juste, la semaine dernière, de les inscrire sur la liste des groupes terroristes, et c’est d’ailleurs très certainement en représailles à cette mise au ban que l’Etat islamique en Irak et au Levant a décidé de kidnapper les ressortissants turcs, et c’est avec eux que la Turquie doit aujourd’hui négocier.

Au-delà même de ce règlement de compte, il faut bien dire que la diplomatie turque est totalement désemparée face à l’éclatement de l’Irak, comme elle l’est d’ailleurs devant le scénario syrien. La Turquie n’a quasiment plus d’amis dans la région, que l’Iran. Son influence a fondu comme neige au soleil et sa volonté de façonner le Moyen-Orient, selon un schéma calqué sur l’Empire ottoman, lui a attiré beaucoup de critiques, et ce n’est certainement pas fini.

Son meilleur atout, c’est des relations apaisées avec les Kurdes d’Irak, dont le territoire pourrait servir de tampon avec les zones sous emprise djihadiste. A condition toutefois que les Kurdes ne parachèvent pas leur rêve d’un grand Kurdistan unifié, auquel toutefois Ankara a de moins en moins les moyens de s’opposer.

Jérôme Bastion, notre correspondant à Istanbul

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