La crise des Rohingyas évoquée au sommet de l'Asean

La crise des Rohingyas évoquée au sommet de l'Asean
La crise des Rohingyas évoquée au sommet de l'Asean - © MARK METCALFE - AFP

La dirigeante birmane de facto Aung San Suu Kyi a été écoutée dimanche sur la crise des Rohingyas lors du sommet de l'Asean à Sydney mais l'organisation régionale a souligné qu'elle ne pouvait intervenir.

Près de 700.000 membres de la minorité musulmane rohingya ont fui les violences de l'État Rakhine, en Birmanie, depuis le lancement en août 2017 d'une offensive de l'armée birmane contre des rebelles musulmans. Aung San Suu Kyi a été blâmée à l'international pour n'avoir pas usé de son influence afin de changer les comportements de la majorité bamar bouddhiste.

La crise humanitaire était l'un des sujets clé au menu d'un sommet spécial entre l'Australie et les 10 pays membres de Asean (Association des nations d'Asie du Sud-Est asiatique).

Des voisins inquiets mais impuissants

"Nous avons discuté longuement aujourd'hui de la situation dans l'État Rakhine", a déclaré le Premier ministre australien Malcolm Turnbull. "Aung San Suu Kyi a longuement évoqué elle-même la question de manière exhaustive", a-t-il ajouté. Le sujet a été discuté de "manière très constructive".

Le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong, qui préside l'Asean cette année, a déclaré que les voisins de la Birmanie étaient préoccupés par la situation mais ne pouvaient intervenir.

"Tous les pays de l'Asean sont inquiets mais l'Asean ne peut intervenir et provoquer un résultat", a-t-il dit. L'Asean fonctionne au consensus et met un point d'honneur à s'abstenir de s'ingérer dans les affaires de ses membres. Des soldats birmans et des membres de milices bouddhistes ont été accusés de pillages, de meurtres et de viols. Les crimes "portent" selon l'ONU "les marques d'un génocide".

Négation d'un génocide

La Birmanie dément avec véhémence toute accusation de nettoyage ethnique, expliquant n'avoir fait que réagir aux attaques des rebelles musulmans.

Les Rohingyas sont la plus grande population apatride du monde depuis qu'ils ont été privés de la nationalité birmane en 1982.

L'Asean et l'Australie ont également discuté pendant leur sommet de la nécessité de la non militarisation de la mer de Chine méridionale, région stratégique disputée, et de travailler plus étroitement pour lutter contre la menace extrémiste.

L'Asean regroupe Brunei, le Cambodge, l'Indonésie, le Laos, la Malaisie, la Birmanie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam. L'Australie est un partenaire de dialogue depuis 1974.

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