La course aux vaccins contre le coronavirus s'intensifie, où en est-on ?

Aux quatre coins de la planète, des équipes de scientifiques se sont lancées dans la course pour trouver un vaccin contre le coronavirus. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient de publier un rapport où elle fait état de l’avancement. Elle parle de 30 "candidats vaccins" en évaluation clinique. Six entreprises sont dans la dernière phase des essais cliniques, mais aucun n’est encore prêt à être commercialisé. Où en est-on ?

Selon l’OMS, six grands groupes pharmaceutiques sont entrés dans la dernière phase des essais cliniques. Johnson & Johnson (J&J) va tester son vaccin sur 60.000 personnes. Les entreprises américaines Moderna et Pfizer, ainsi que le groupe pharmaceutique suédo-britannique AstraZeneca vont quant à eux effectuer des tests sur 30.000 personnes.

Le laboratoire chinois Sinovac Biotech fait tester ses vaccins en Brésil et en Indonésie. Une autre entreprise chinoise, en partenariat privilégié avec les Émirats arabes unis, a également annoncé en juillet que leur vaccin serait testé dans les six prochains mois.

De son côté, la Russie a annoncé qu’elle allait effectuer des essais cliniques sur plus de 40.000 personnes pour son vaccin contre le coronavirus, Spoutnik V. Cette annonce est par ailleurs perçue avec scepticisme par la communauté internationale et ce vaccin ne figure d’ailleurs pas dans la liste des vaccins en phase 3.

Différentes phases

Pour l’instant, il y a donc six essais cliniques en phase 3, celle avant l’homologation du traitement. Ces essais cliniques visent à s’assurer que le vaccin est sans danger pour l’homme, efficace et a un effet durable. Le test doit également déterminer les doses optimales du vaccin. On compare le médicament en développement à un traitement efficace déjà commercialisé ou, dans certains cas, à un placebo, c’est-à-dire un traitement sans activité pharmacologique.


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Trois autres entreprises pharmaceutiques sont en phase 2, selon l’OMS. Lors de stade, l’objectif est de déterminer la posologie optimale du produit en termes d’efficacité et de tolérance sur une population limitée et homogène de patients.

Comme 9 autres entreprises dans le monde, la société pharmaceutique belge Janssen est dans la phase appelée "1/2". Elle a commencé fin juillet des essais cliniques dans ses propres centres et dans des centres universitaires. Ce vaccin développé en Belgique pourra ensuite être testé sur des personnes au Brésil.


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Enfin, il reste 11 entreprises en phase 1 dans le rapport de l’OMS. Cette première phase permet notamment de s’assurer que les résultats concernant la toxicité obtenus lors du développement pré-clinique sont comparables à ceux obtenus chez l’homme, ce qui permet de déterminer quelle est la dose maximale du médicament en développement tolérée chez l’homme.

Toutes les autres entreprises pharmaceutiques (139) sont encore en développement préclinique.

La Belgique va se fournir où ?

Même si plusieurs entreprises pharmaceutiques espèrent mettre sur le marché en janvier 2021, rien n’est moins sûr. Pendant ce temps, la Commission européenne a conclu cet été un contrat avec AstraZeneca pour l’achat de 300 millions de doses de son vaccin pour lutter contre le coronavirus, avec une option pour 100 millions supplémentaires. La Belgique doit encore confirmer sa participation et c’est le comité consultatif chargé de remettre des avis aux autorités politiques belges en matière de vaccination. Elle a examiné le dossier d’AstraZeneca et ne voit aucune raison de ne pas accepter les termes convenus entre l’entreprise et la Commission européenne.

Le problème, c’est que le géant pharmaceutique s’est vu obtenir l’immunité de toute plainte légale, au cas où le vaccin devait finalement montrer des effets secondaires nocifs. Autrement dit, l’entreprise ne devra en aucun cas débourser d’indemnités en cas de plaintes : la responsabilité financière incombera aux pays. En résumé, si l’entreprise est condamnée, ce sont les États eux-mêmes, et donc les contribuables, qui devront payer les éventuelles indemnités.

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