La Cour suprême britannique juge "illégale" la suspension du Parlement décidée par Boris Johnson

La décision controversée du Premier ministre britannique Boris Johnson de suspendre la Chambre des Communes cinq semaines à l’approche du Brexit a été jugée "illégale" mardi par la Cour suprême du Royaume-Uni. Une décision prise à l’unanimité par les 11 juges.

Après la décision fracassante de Boris Johnson de mettre hors session le Parlement britannique à partir de la mi-septembre, les réactions outrées pleuvaient outre-Manche. Pour le président de la Chambre des communes, John Bercow, "c’est un affront à la Constitution". Dans un tweet, la porte-parole de l’opposition travailliste pour les Affaires intérieures, Diane Abott parle de "coup d’Etat contre le Parlement. Contre les électeurs, et contre leurs représentants politiques."

Ce verdict constitue un nouveau revers pour M. Johnson, accusé par ses détracteurs d’avoir suspendu le Parlement pour museler l’opposition et précipiter son pays vers une sortie sans accord de l’Union européenne le 31 octobre. Dans la foulée de l’annonce, le président du Parlement, John Bercow, estime que la Chambre "doit se réunir sans délai".

Réunion ce mercredi

Le président de la Chambre basse du Parlement britannique John Bercow a invité les députés à siéger à nouveau dès mercredi à 11h30 locales (10h30 GMT) après la décision de la Cour suprême jugeant "illégale" la suspension du Parlement.

"J’ai demandé aux autorités de la chambre de prendre les mesures nécessaires afin qu’elle siège demain à 11h30", a déclaré M. Bercow, se félicitant de la décision des juges sur la suspension décidée par le Premier ministre Boris Johnson.

Une nouvelle apprise depuis NY

Le Premier ministre, Boris Johnson a appris cette décision à NY puisqu’il participe à l’Assemblée générale de l’ONU. Il précisait hier : "J’attends de voir ce que les juges décident […] parce que comme je l’ai dit précédemment, je pense que les raisons […] pour vouloir un discours de la reine (présentant le programme politique du gouvernement, ndlr) étaient très bonnes", a-t-il dit aux médias britanniques dans l’avion l’amenant à New York.

Que va-t-il se passer maintenant?

Pour la savoir, il faut se plonger dans l’arrêt rendu par la Cour. "Le Parlement n’a pas été suspendu. C’est le jugement unanime des 11 juges. Il appartient au Parlement, plus précisément à son président, et à celui de la Chambre des Lords, de décider de la marche à suivre", a ajouté la juge Hale qui préside la Cour. Un nouveau bras de fer entre le Parlement et le gouvernement s’annonce donc puisque le speaker de la Chambre des communes a déjà annoncé qu’il allait "consulter les leaders des différents partis"

Je ne pense pas que cette décision soit juste

Le Premier ministre britannique a réagit à cette décision. "C'est un verdict que nous respecterons. Je dois dire que je suis profondément en désaccord avec ce que les juges ont établi. Je ne pense pas que cela soit juste. Mais nous allons aller de l'avant et bien entendu le Parlement va revenir." Il n'aurait pas l'intention de démissionner suite à cette décision. "Dans l'état actuel de la législation, le Royaume-Uni quittera l'Union européenne le 31 octobre, quoi qu'il advienne. Mais ce qui est intéressant, ce qui est excitant pour nous à présent, c’est d'obtenir un bon accord et c’est ce sur quoi nous travaillons. [...] De toute évidence, conclure un accord n’est pas beaucoup plus facile dans ce contexte, mais nous allons continuer et le faire." a-t-il ajouté depuis New York.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK