La cour d'appel de Kiev refuse de remettre Ioulia Timochenko en liberté

Saisie par Ioulia Timochenko qui conteste son placement en détention provisoire le 5 août, la cour d'appel a estimé qu'il n'y avait "aucune raison légale d'examiner ce recours", a déclaré la présidente de la juridiction, Olga Efimova.

"La cour estime que la requête n'est pas recevable. Cette décision ne peut pas faire l'objet d'appel", a ajouté la juge, provoquant la colère de députés et partisans de Ioulia Timochenko présents dans la salle d'audience, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Honte!", "Honte!", ont crié plusieurs députés pro-Timochenko.

L'un d'eux a lancé à l'adresse de la juge: "Criminelle en robe de juge! Tyran en prison!".

Ioulia Timochenko n'assistait pas à l'audience, sa présence n'étant "pas obligatoire" dans le cadre de cette procédure, a indiqué la juge Efimova, tandis que le mari de l'ex-Première ministre était dans la salle.

La cour a suivi les réquisitions du parquet qui estimait que l'appel de Ioulia Timochenko n'était "pas recevable", un point de vue vivement contesté par les avocats de la défense.

"Il est absurde qu'une personne placée en détention n'ait pas le droit de contester cette décision", a déclaré l'avocat Iouri Soukhov après l'audience.

"Il n'y a pas de système judiciaire en Ukraine. C'est de la justice sommaire", a-t-il estimé.

"Cette décision a été écrite en dehors du tribunal (...), elle confirme que l'arbitraire règne en Ukraine, que la loi est piétinée", a renchéri un autre avocat de la défense, Siry Mykola.

Un procès non politique ?

Jeudi, le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, avait indiqué que ce procès n'avait "aucune motivation politique" et promis de ne pas s'ingérer dans cette procédure.

Ioula Timochenko, candidate malheureuse à la présidentielle ukrainienne de 2010 contre Viktor Ianoukovitch, n'a eu de cesse de dénoncer un procès politique.

Son incarcération a suscité de vives critiques au sein de la communauté internationale.

Les Etats-Unis ont dénoncé un procès aux "apparences de persécutions avec des motivations politiques" et réclamé la "libération immédiate" de l'égérie de la révolution pro-occidentale en Ukraine en 2004.

Ioulia Timochenko est jugée depuis le 24 juin, accusée d'avoir outrepassé ses pouvoirs de Premier ministre en 2009 en autorisant, sans l'approbation du gouvernement, la signature de contrats sur l'importation de gaz russe à un prix jugé désavantageux pour Kiev.

AFP
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