La Corée du Nord menace, Trump soutient la Chine et Pence rassure Tokyo

La Corée du Nord menace, Trump soutient la Chine et Pence rassure Tokyo
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La Corée du Nord menace, Trump soutient la Chine et Pence rassure Tokyo - © Tous droits réservés

Face aux dernières menaces de Pyongyang, avec des essais de missiles pourquoi pas hebdomadaires, Donald Trump s'est félicité du "travail" de la Chine sur le "problème nord-coréen", pendant que son vice-président rassurait l'allié japonais à Tokyo.

Si le président américain n'avait cessé pendant sa campagne d'accuser Pékin de sous-évaluer artificiellement sa monnaie, menaçant d'imposer de lourdes taxes sur les importations chinoises, il a nettement changé de ton depuis sa rencontre avec son homologue chinois Xi Jinping les 6 et 7 avril.

"Qu'est-ce que je suis censé faire ? Lancer une guerre commerciale contre la Chine pendant qu'il est en train de travailler sur un problème franchement plus gros, avec la Corée du Nord ?", a expliqué Donald Trump, dans un entretien diffusé mardi.

Et M. Trump d'assurer ne pas vouloir "lancer des déclarations fortes (...) contre quelqu'un qui est en train d'essayer d'arrêter ce qui pourrait être une très mauvaise situation" autour du régime de Kim Jong-Un.

Changement de ton donc pour le président américain qui, il y a quelques jours encore, s'était dit prêt à régler seul la question nucléaire nord-coréenne si Pékin ne parvenait pas à faire rentrer son turbulent allié dans le rang.

Pékin et Washington 'travaillent étroitement'

Quelques heures plus tôt, mardi, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, avait également souligné qu'Etats-Unis et Chine "travaillent étroitement" sur le dossier du nucléaire et des missiles nord-coréens.

Cet effort américano-chinois "vise une péninsule coréenne dénucléarisée", un objectif partagé par "la Chine et les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon", a insisté le patron du Pentagone.

Les velléités nucléaires de Pyongyang ont également été au centre des discussions du vice-président américain Mike Pence à Tokyo mardi, après les récents tirs de missiles nord-coréens vers l'archipel, en mars et avril.

"L'alliance entre les Etats-Unis et le Japon est la pierre angulaire de la paix et de la sécurité en Asie du nord-est", a ainsi plaidé M. Pence, tandis que M. Abe appelait à une solution "pacifique" à la crise nord-coréenne, tout en précisant que "le dialogue pour le dialogue n'a aucune valeur et (qu')il est nécessaire de faire pression".

A Séoul, lundi, M. Pence avait lui aussi salué les efforts des Chinois, estimant "encourageant de voir la Chine s'engager dans ce sens".

Du côté de Pyongyang, la rhétorique reste elle très offensive.

Alors que plane toujours la menace d'un sixième essai nucléaire de la part du régime communiste, le vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen, Han Song-Ryol, a laissé entendre mardi que Pyongyang comptait accélérer le rythme de ses tirs balistiques: "Nous allons mener plus d'essais de missiles de manière hebdomadaire, mensuelle et annuelle", a ainsi affirmé M. Han à la BBC, en agitant la menace d'une "guerre totale".

Mais Mike Pence a aussi insisté sur la coordination internationale: "Le chemin le plus productif est le dialogue au sein de la famille des nations", a-t-il déclaré, tout en considérant que "le temps est venu pour la communauté internationale d'utiliser la pression économique et diplomatique".

"Nous ne renoncerons pas tant que nous n'aurons pas atteint l'objectif d'une péninsule coréenne dénucléarisée", a-t-il insisté, alors que le régime nord-coréen a encore effectué un nouveau tir de missile, raté, dimanche matin.

Discussions économiques

M. Pence avait adressé dès lundi un ferme avertissement au régime de Pyongyang, après une visite très symbolique de la zone démilitarisée (DMZ) intercoréenne. A Panmunjom, le "village de la trêve", à la frontière entre les deux Corées, il avait ainsi affirmé que "toutes les options" étaient désormais "sur la table" pour régler le problème nord-coréen.

"La Corée du Nord ferait mieux de ne pas éprouver la détermination (du président Trump) ou la puissance des forces armées des Etats-Unis dans cette région", avait-il ajouté.

Au sujet des forces américaines dans la région, le Pentagone a par contre reconnu mardi que la fameuse "armada" promise par le président Trump près de la péninsule coréenne n'était pas encore en route.

Si un porte-parole du Commandement américain dans le Pacifique avait assuré dès le 8 avril que le porte-avions Carl Vinson et son escadre faisaient route vers cette zone, un responsable anonyme du Pentagone a reconnu mardi qu'en fait celui-ci était encore au large de l'Australie et ne serait sur place que la semaine prochaine.

Prévue de longue date, la tournée asiatique de Mike Pence avait débuté dimanche en Corée du Sud, au lendemain d'un show militaire à Pyongyang où avaient été exhibés une soixantaine de missiles et notamment ce qui semble être un nouveau type de missile balistique intercontinental.

Le Japon et les Etats-Unis ont également lancé des discussions économiques mardi, et celles-ci devraient se poursuivre mercredi, au deuxième jour de la visite de M. Pence dans l'archipel. Ce dialogue pourrait conduire à "débuter des négociations formelles en vue d'un accord de libre-échange", a déclaré mardi M. Pence, dont le pays a décidé de se retirer du traité de libre-échange transpacifique (TPP).

Images d'un spectacle musical et anti-américain donné en Corée du Nord ce 16 avril:

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