La Corée du Nord engage des réformes économiques sur le modèle chinois

Le porte-parole du ministère a confirmé "une discussion et l'étude de changements divers dans le secteur économique en Corée du Nord" depuis l'arrivée au pouvoir du jeune Kim Jong-Un après la mort de son père Kim Jong-Il en décembre.

Il n'a toutefois pas été en mesure de préciser la nature de ces réformes.

Selon Radio Free Asia (RFA), le régime a organisé des conférences publiques afin d'expliquer les changements à venir, qui consisteraient en substance pour l'Etat sud-coréen, hyper centralisé, à accorder une plus grand autonomie à son appareil industriel et agricole.

Les usines ou les entreprises commerciales pourraient notamment fixer elles-mêmes leurs prix.

Dans l'agriculture, le régime s'arrogerait 70% des récoltes tandis que les cultivateurs garderaient les 30% restants.

L'économie de la Corée du Nord est en lambeaux après des décennies de mesures dirigistes et incohérentes, avec le gros des richesses de l'Etat allouées à l'armée et au programme nucléaire.

A part Pyongyang, la capitale où habitent les élites, la population vit dans la pauvreté, et les pénuries alimentaires sont récurrentes, selon les ONG.

Le réseau étatique de distribution alimentaire s'est complètement effondré pendant la famine qui a sévi dans les années 1990. Des marchés clandestins ont alors vu le jour et subsistent encore aujourd'hui. Ils sont indispensables pour un nombre croissant de Nord-Coréens.

En 2002, le régime de Pyongyang avait engagé certaines réformes destinées à apporter une dose de flexibilité dans les prix jusque-là fixés par l'Etat et à introduire la notion d'avantages matériels pour les salariés.

Mais il avait battu en retraite en 2005 en interdisant la vente privée de grains et en revenant au rationnement centralisé de la nourriture.

Pour Cheong Seong-Chang, chercheur au Sejong Institute de Séoul, Pyongyang semble s'appuyer sur l'expérience chinoise et les réformes engagées au début des années 1980 pour desserrer le contrôle centralisé de l'économie, et instiller, pas à pas, l'initiative privée.

"Il semble qu'on ait donné une plus grande autonomie aux usines et aux fermes collectives, comme la Chine l'avait fait dans la première phase de ses réformes économiques", a-t-il indiqué à l'AFP.


AFP

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