DSK a plaidé non-coupable. Que va-t-il se passer maintenant?

Dominique Strauss-Kahn est apparu détendu au bras de sa femme Anne Sinclair après son audition
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Dominique Strauss-Kahn est apparu détendu au bras de sa femme Anne Sinclair après son audition - © AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY

Dominique Strauss-Kahn, a comparu ce lundi peu avant 15h30 (heure belge) devant la Cour suprême de New York, pour l'audience formelle de lecture de l'acte d'accusation. Comme annoncé, l'accusé a plaidé non-coupable. Les deux camps vont donc fourbir leurs armes d'ici au 18 juillet, date de la prochaine audience.

Cette audience fut très brève. Comme les avocats de la défense l'avaient annoncé, l'accusé a plaidé lui même non-coupable devant le juge Michael Obus, de la Cour suprême de l'Etat de New York. Dominique Strauss-Kahn était entouré de ses deux avocats, les ténors du barreau de New York Benjamin Brafman et Willialm Taylor.

Notons que la victime, elle, n'était pas présente lors de cette audition.

Vous pouvez revoir la vidéo de l'audience ci contre.

Quelle vont être les prochaines étapes de la procédure?

La prochaine audience aura lieu le 18 juillet et sera mise à contribution pour faire le point sur l'avancement de l'enquête contradictoire qui s'engage désormais.

Chaque camp va en effet mener son enquête. L'équipe du procureur (qui représente l'Etat qui poursuit DSK) qui s'appuie sur la police des moeurs de New York, d'un côté, et celle des avocats de la défense, qui disposent d'enquêteurs privés payés par leur client, de l'autre.

Ces deux enquêtes contradictoires sont conduites sous la supervision du juge à qui il incombe de faire en sorte que les deux parties soient sur un pied d'égalité.

Le fait que DSK ait plaidé non-coupable ne veut pas forcément dire que le procès aura lieu. La défense a en effet la possibilité, à tout moment, de passer un accord avec le procureur.

Il faut pour cela qu’un terrain d’entente soit trouvé entre la défense et l’accusation, sous supervision du juge.

Cette procédure est labellisée "plea bargaining" et il est intéressant de noter qu’elle est utilisée dans 90% des cas à New York (seuls 10% des procès vont donc à leur terme, les autres sont réglés par un deal entre défense et procureur).

Pourquoi parler d'accord financier n'a aucun sens à ce stade ?

Il sera impossible pour Dominique Strauss-Kahn de monnayer l’accord en question, si accord il devait y avoir. En effet, le "plea bargaining" ne porte que sur la peine et les chefs d’accusations de l’accusé.

La défense ne peut en effet pas négocier avec la victime. Cette dernière est considérée comme un témoin dans cette procédure pénale. C’est bien l’Etat de New York qui poursuit DSK et pas la victime elle-même. Proposer de l’argent à la victime est donc de la pure et simple subornation de témoin en droit américain.

Par contre, la victime peut, de son côté, décider de poursuivre l’accusé dans une procédure civile visant à obtenir des dommages et intérêts. Nafissatou Diallo n’a pas encore ouvert de procédure en ce sens. Un arrangement financier n’est donc à ce stade, pas d’actualité.

La victime dispose d’un an pour introduire sa plainte au civil.  


L'avocat de l'accusation très virulent à l'égard de DSK

Les avocats de la défense ont, après l'audience, tenu une courte conférence de presse à l'extérieur du bâtiment. Benjamin Brafman y a répété qu'il était convaincu que l'innocence de son client serait avérée mais il a refusé de dévoiler un quelconque élément du dossier.

Pour rappel, aux Etats-Unis, la défense n'est pas tenue de révéler ses pièces aux magistrats et à l'accusation avant le procès. Par contre, l'avocat a bien confirmé qu'il plaiderait la relation consentie entre son client et la victime.

Prenant la parole ensuite, Kenneth Thompson, avocat de l'accusation, a estimé, lui, que DSK est bien coupable d'une "terrible agression sexuelle sur une femme innocente". "Lorsque l'on parle d'acte consenti, c'est pour la (la victime présumée) démolir", a-t-il poursuivi.

"Il faut voir maintenant si Dominique Strauss-Kahn n'a pas commis d'actes comparables par le passé", a lancé cet ancien procureur faisant référence sans doute au cas de Tristane Banon, cette écrivaine française qui avait évoqué la possibilité de porter plainte contre DSK pour une agression présumée qui remonterait à plusieurs années.

"Elle recherche la justice, c'est une femme digne, c'est une femme respectable", a ajouté l'avocat à propos de sa cliente, Nafissatou Diallo.

Manifestation de femmes de chambre devant le tribunal, DSK détendu

Lors de l'arrivée de Dominique Strauss-Kahn, un rassemblement de femmes de chambres et d'employées de grands hôtels a accueilli l'ancien directeur du FMI aux cris de "Shame on you! (honte à vous)".

De nombreux journalistes et badauds grossissaient les rangs de la foule qui s'était massée devant le tribunal de New York.

Malgré cela, Dominique Strauss-Kahn semblait très détendu lors de son arrivée bras dessus, bras dessous avec sa femme Anne Sinclair.

Dès sa sortie du tribunal, le socialiste français a une nouvelle fois été hué par des dizaines de femmes de chambre en uniforme toujours réunies devant le bâtiment.

L'accusé s'est alors rapidement engouffré dans un 4x4 noir.

Une audience suivie en direct

Vous avez pu suivre sur notre site l'audience en direct grâce à notre fil info nourri par des journalistes sur place qui témoignent via le réseau social Twitter de ce qu'ils voient et entendent.

Vous pouvez revivre ce direct en relisant le fil info et les commentaires de nos internautes ci-dessous.
  
Julien Vlassenbroek

L'audience en live tweet

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