La communication surprenante de la France face à la situation au Mali

La communication surprenante de la France face à la situation au Mali
La communication surprenante de la France face à la situation au Mali - © AFP /JOEL SAGET

Ces derniers jours, les informations en provenance du Mali se font rares. La France choisit clairement la prudence, voire le silence. C'est le cas dans le dossier des otages mais aussi dans celui de la mort supposée des chefs des deux principaux groupes djihadistes du Sahara. L’un des deux serait pourtant mort, Abou Zeid, le leader d’Al Qaida au Maghreb islamique. Le sort de Mokhtar Belmokhtar est plus incertain, mais il serait hors d’état de nuire.

Pourquoi la France fait-elle le choix du silence ? Elle ne veut pas annoncer elle-même la mort d'Abou Zaïd, le chef d'Aqmi, Al Qaida au Maghreb islamique. Ce week-end, Paris était plus silencieux que jamais et lundi soir encore, le ministre français de la Défense a dit qu'il ne pouvait pas confirmer matériellement la mort du chef terroriste.

En attendant, le président tchadien maintient qu'Abou Zeid est mort, le témoignage d'un djihadiste va aussi en ce sens. Concernant l'autre chef terroriste, Belmokhtar, les informations sont contradictoires. Même chape de plomb concernant les otages : les sept Français retenus au Sahel.
 
Selon François Géré de l'Institut français d'analyse stratégique, interrogé par Radio France, Paris ne veut pas froisser ses alliés dans la région : "Nous n'avons pas énormément d'alliés, on essaie de combiner les opérations avec l'armée tchadienne, on ne va pas leur dire, ce que vous dites, nous n'y croyons pas et nous devons absolument coopérer avec le gouvernement algérien et les pays voisins du Mali".
 
La France veut éviter que ses alliés ne soient montrés du doigt sur la scène internationale. Mais le silence de la France s'explique aussi pour deux autres raisons. D'abord, préserver la vie des otages, et ne pas risquer de provoquer par des annonces publiques la vengeance des ravisseurs. Ensuite, le silence permet à Paris de se ménager une porte de sortie pour négocier avec les preneurs d'otages, une fois que les responsables des enlèvements auront disparu.
 
 
Charline Vanhoenacker

 

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